Tikpi Atchadam: «  Tout peuple debout, peut arriver à bout de n’importe quel dictateur »

 

De retour d’une récente tournée européenne, M. Tikpi Atchadam, Président du Parti national panafricain (PNP) a bien voulu nous accorder une interview dans laquelle il est revenu sur les activités de son parti et le regard sur la situation sociopolitique du pays. Sans concession, il a dressé un bilan catastrophique de la gestion faite du pays par les Gnassingbé qui dirigent sans partage le pays depuis plus de 50 ans. Celui-ci appelle à une mobilisation générale pour arracher le changement. Il exige le retour à la constitution de 1992  et au vote de la diaspora.

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Liberté : Bonjour M. Tikpi Atchadam et merci d’accepter de répondre  à nos questions.

Tikpi Atchadam : C’est moi qui vous remercie

Vous avez récemment effectué une tournée en Europe où vous avez rencontré les Togolais de la diaspora. A votre retour, le PNP a organisé un grand meeting à Sokodé, et vous poursuivez vos rencontres hebdomadaires à votre siège. Alors comment se porte le PNP ?

A mon avis le PNP se porte bien ; très bien même comme vous pouvez le constater à travers nos activités sur le territoire national. Je pense que le parti se porte à merveille mais nous continuons de travailler parce que le résultat ultime à atteindre n’est pas encore là.

En Europe, nous étions en Allemagne ainsi qu’en France et en Belgique. En France, nous avons été invités par la chaine Africa 24 par deux fois. Lors de ma première intervention, ils ont trouvé que j’avais des choses intéressantes à dire et ils m’ont refait appel pour parler des violences électorales en Afrique. […]  .

Nous avons également organisé des  rencontres en Belgique,  des meetings  publics d’abord en Cologne ensuite à Hambourg. En gros nous avons rencontré la diaspora togolaise et échangé avec elle. Cette tournée a été une réussite.

Quel a été le message que vous leur avez apporté ?

D’abord, une analyse situationnelle du Togo au triple plan politique, économique et social, de comment se porte leur pays. Nous avons fait un bilan de la gouvernance RPT-UNIR. Sur les trois points, c’est un fiasco total. J’ai rencontré une diaspora debout, une diaspora soucieuse qui pense au pays. Nous avons  donc partagé avec eux les propositions du PNP qui nous  permettront de sortir de cette situation qui perdure depuis plus de 50 ans, parce que nous parlons d’éclipse totale. Depuis le 13 janvier 1963, le Togo est entré dans une éclipse totale. Il faut le reconnecter au 12 janvier 1963 ou à la minute près à laquelle on a assassiné le Président Sylvanus Olympio. Reconnecter le Togo, c’est de cela qu’il s’agit en fait. A partir du 13 janvier 1963, le réseau du Togo a été coupé. C’est pour cette raison que nous disons au PNP qu’il faut reconnecter le pays à la minute d’avant l’assassinat de Sylvanus Olympio pour refaire la route, parce que les ambitions du départ ne sont pas les mêmes aujourd’hui.  C’est un dérapage terrible et je pense que nous nous sommes mis d’accord avec la diaspora, qui aussi contribue dans différents domaines pour sortir notre pays de cette situation.

Le meeting de Sokodé

A Sodoké, tout le monde a vu ce qui s’est passé à travers les réseaux sociaux et les journaux. Je profite pour remercier tous  les journaux qui ont rendu compte de ce meeting et qui ont fait de notre formation politique, un parti visible. Je pense que chacun a été témoin de ce qui s’est passé à Sokodé. C’est pas un meeting moyen, ce n’est pas par fausse modestie. Nous continuons également nos réunions hebdomadaires qui se tiennent chaque samedi au siège du parti. Avant, nous les tenions dans notre salle de réunion qui a été vite débordée.  Nous sommes descendus sur l’espace libre qui se trouve dans la maison qui abrite le siège  qui a aussi montré ses limites et nous sommes obligés de tenir nos rencontres dehors.

Nous remarquons que le PNP est en ascension ; et nous pensons que notre parti a les moyens pour changer la donne dans ce pays et il va falloir compter avec nous.

Depuis un moment, le Parti national panafricain (PNP) que vous présidez privilégie les sensibilisations de proximité afin de conscientiser les populations et visiblement la mayonnaise est en train de prendre. Expliquez-nous un peu votre stratégie de maillage du terrain?

Nous avons besoin de mettre les Togolais debout pour combattre la dictature cinquantenaire, pour éviter la monarchisation de notre pays. Mais, vous ne pouvez pas mettre quelqu’un debout, s’il ne prend pas conscience de sa situation. Donc la première chose pour un opprimé, c’est la prise de conscience. Ce n’est pour rien que notre devise est « Conscience, Intégrité et Développement ». Ils ne peuvent pas prendre conscience si  vous ne leur parlez pas du pays, de sa gouvernance et du comportement de ceux qui le gouvernent et c’est ça que nous partageons avec eux. Mais en même temps, nous transformons certaines de nos réunions en rencontres de formation. Il arrive que certains samedis, les militants bénéficient de certaines communications par exemple sur le budget, ce que c’est ; comment il est alimenté etc.  Je pense que c’est aussi pour cela que les militants et sympathisants ne s’ennuient pas et ils viennent régulièrement.  Donc il faut les conscientiser, les mettre debout, après on aura le résultat qu’on désire, c’est-à-dire la démocratisation du pays, un Togo pour tous et pas seulement pour la minorité.

Votre discours semble recevoir de l’écho auprès de vos militants et une grande partie de la population. Qu’est ce que vous leur dites concrètement ?

Nous expliquons à nos militants comment une seule famille a pu régner sur un Etat pendant 50 ans et plus. Pour démonter un système, il faut le connaitre et nous avons la maitrise  de  comment fonctionne le système RPT-UNIR et surtout la stratégie de diviser pour régner. Et c’est ce que nous leur expliquons. Par exemple, aussi la conscientisation de nos frères corps habillés et autres. Autant d’explications qui permettent aux Togolais de se rendre compte de la réalité. […].Se mettre debout, n’est qu’une question de temps.

Vous êtes parfois étiqueté comme étant beaucoup plus un révolutionnaire, puisque vous ne ménagez aucunement le pouvoir en place. Alors  M. Tikpi Atchadam compte t-il sur la rue pour « chasser » Faure Gnassingbé du pouvoir ou sur  les urnes ?

Quand nous parlons de la rue, c’est aussi légal, parce qu’il y a une loi sur les manifestations publiques. Alors quand quelqu’un dit qu’il veut changer le système par la rue, il est légaliste aussi. En fait si l’on a suivi notre démarche, nous avions sorti ce que nous appelons la déclaration de Tchamba dans laquelle nous avons fait des propositions à Faure Gnassingbé. En réalité, il devrait accepter de faire les réformes, arrêter  son mandat, ne plus se représenter. Il devrait prendre toutes les dispositions pour que les élections présidentielles, législatives et locales aient lieu dans des conditions normales et de transparence.  Nous pensons que cette attitude pourrait ouvrir la voie à la réconciliation. Nous lui avons fait cette proposition et aujourd’hui, nous  nous rendons compte que le pouvoir ne parle même plus de réformes.

Nous constatons que le régime est en train de rédiger une nouvelle constitution qui va consacrer la « monarchisation » du pays. Et nous disons que la commission qui travaille sur cette constitution est un atelier où ils sont en train de confectionner un tout-cousu pour Faure Gnassingbé. Et puisqu’ils ne parlent plus de réformes, la position du PNP est la suivante : le retour à la constitution de 1992 et le vote de la diaspora ou bien le système Faure va partir. Et pour cela, il faut que les Togolais se mettent debout dans une gigantesque marche de rue pacifique et c’est possible.

Vous appelez régulièrement vos camarades de l’opposition au travail mais, au même moment d’aucuns vous accusent d’être dans une posture de « soliste ». Selon vous, quelle est la stratégie que doit adopter l’ensemble des forces démocratiques pour venir à bout d’une dictature vieille de 50 ans ?

 

Si les gens taxent le PNP d’être soliste comme vous le dites, il faudra démontrer que les groupes travaillent mieux que les solitaires. Aujourd’hui, on ne peut pas démontrer que les deux groupes (CAP 2015 et le groupe des 6) travaillent mieux que le PNP. Alors si le soliste fait mieux, à quoi bon d’être dans les groupes ? C’est plus facile de créer un parti et d’aller se réfugier dans un regroupement. Ce que le PNP fait est plus difficile. […] c’est pour cela que nous demandons à chaque parti politique de faire un travail individuel et démontrer sa capacité de mobilisation. C’est de cela qu’il s’agit.

De quoi avons-nous besoin pour changer la donne ? C’est  exiger la constitution de 1992 ou le départ de Faure pour obtenir l’alternance tant recherchée et ce n’est que par la mobilisation que nous pourrons y parvenir. Si nous avons obtenu la conférence nationale souveraine, c’est par la mobilisation. Alors si la mobilisation est le maître-mot, chaque parti n’a qu’ à aller individuellement et puis un matin, il y a les leaders qui se mettent d’accord pour envoyer une lettre au ministère de l’administration territoriale, qui signent des tracts et donnent rendez-vous aux populations un peu partout sur le territoire national pour exiger tout ce que nous venons d’ énumérer.  C’est simple, c’est le travail.

La question des réformes institutionnelles et constitutionnelles est toujours d’actualité. Faure Gnassingbé est réfractaire à l’idée d’opérer les réformes prescrites par l’Accord politique global signé depuis 2006. Mais, vous faites de la limitation du mandat présidentiel et du vote des Togolais de la Diaspora votre cheval de bataille. N’est-ce pas un choix minimaliste ?

Si Faure ne change pas, c’est parce que le rapport de force est en sa faveur. Ce n’est pas qu’il est têtu à l’infini, c’est parce que le rapport de force est en sa faveur et il a raison. S’il y a quelque chose à faire, c’est de changer les rapports de force. Et ça va marcher, mais tant qu’on  ne le ferra pas, ils seront là et c’est tout à fait normal. Et nous ne pouvons pas changer les rapports de force en dehors d’une mobilisation. Et nous, on compte mobiliser et à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Et voilà notre démarche.

Après les meetings, il y aura des manifestations de rue organisées par le PNP pour exprimer nos exigences.  Nous avons un programme pour ça.

Quel regard portez-vous sur la procédure d’étude de la proposition de loi ANC-ADDI sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles qui a repris à l’Assemblée nationale ?

Sur Taxi FM, je disais qu’il faut connaitre le système RPT-UNIR avant de prétendre le combattre. Quand vous êtes en face d’eux avec des propositions pour faire avancer le pays, ils avancent un non catégorique. Quand ils se retrouvent en difficulté, ils créent une commission qui ne résout pas le problème et ils provoquent un dialogue. Lorsque vous vous trouvez autour de la table, ils tentent de bloquer le consensus. S’ils n’y parviennent pas, ils signent un accord qu’ils ne respectent pas et on revient à la case-départ.

Si le PNP présente la situation de cette façon, vous comprenez que nous, nous ne croyons pas à cette histoire d’aller s’asseoir  à l’Assemblé nationale. Sur quelle base ? Le RPT-UNIR compte sur sa majorité mécanique. Eux, ils ne sont pas à l’Assemblée nationale pour travailler dans l’intérêt général du peuple togolais mais, dans leur intérêt personnel. […] ce qui s’est passé la dernière fois quand ils ne se sont pas mis d’accord ne surprend pas puisque le PNP en avait déjà parlé avant qu’ils ne se retrouvent. Il faut changer les rapports de force avant d’aller discuter. Faire l’inverse, c’est de la naïveté politique.

Dans un an  auront lieu les élections législatives. Le PNP prendra-t-il part à ces élections ?

Nous parlons du retour à la constitution de 1992 qui porte aussi la question du mode de scrutin. Donc  pour le moment, les élections ne sont pas à l’ordre du jour chez nous. Nous disons que l’opposition doit exiger, face à la « monarchisation » du pays, le retour à la constitution de 1992, qui garantit les conditions loyales  entre le pouvoir et l’opposition.

C’est-à-dire qu’il faut que les règles du jeu soient claires et qu’on ait une idée précise sur le processus électoral. Quelle structure va gérer le processus ? Sur la base de quel fichier les élections auront-elles lieu,  et quel  découpage ? Donc il y a trop de problèmes à régler. Pour nous, le retour à la constitution de 1992 normalise la situation et dès lors, on peut parler d’élections. Pour le moment, il n’est pas question d’élection mais, de retour à la constitution de 1992, vote de la diaspora ou  bien Faure Gnassingbé part.

Après, il y aura une transition qui va organiser des élections transparentes pour tout le monde.  Et on verra ce que vaut chaque parti car pour le moment, la vérité des urnes est tronquée. Gilchrist Olympio remporte les élections mais c’est Eyadéma qui est président, Bob Akitani gagne et c’est Faure qui est investi, Jean-Pierre Fabre est élu mais c’est Faure Gnassingbé qui gouverne. Il faut arrêter avec ça. Il faut arrêter ça et c’est seul le travail qui peut arrêter ça. Les regroupements c’est bon, mais nous croyons plus au travail. Et une opposition à une seule tête n’a jamais marché et ne marchera pas c’est pour cela que  nous préconisons une opposition à au moins 3 têtes pour prendre d’assaut ce régime.

Il vous est reproché d’accentuer la mobilisation dans la communauté Tem.  Qu’est-ce que vous répondez à ceux qui émettent ces critiques à votre égard ?

Les gens disent que nos sensibilisations, c’est dans la communauté Tem. Vous savez, aujourd’hui, le PNP compte plus de 8 meetings à Lomé. A l’intérieur du pays notamment dans la région centrale, à Sokodé, on a seulement 3 meetings,  1 à Bafilo, 2 meetings à Tchamba. Nous sommes allés à Badou, à Anié et ailleurs, mais la ville record de nos meetings, c’est Lomé. Ou alors Lomé est considérée elle aussi comme intérieur du pays. Vous savez, le mal qu’Eyadéma nous a fait n’est pas encore guéri. Les gens continuent de raisonner dans les catégories créées par Eyadéma. Les régions, il est d’ici ; l’ethnie, il est de telle ethnie ; la religion, il est de telle religion. Cela veut dire qu’il a marqué la mentalité des Togolais. Et je souhaite que cela ne touche pas les générations à venir.

Si vous m’interviewez, c’est parce que vous voulez savoir qui je suis, ce que le PNP est et fait. Mais le PNP est une personne morale, il ne parle pas. Ce sont les représentants du parti, qui sont des personnes physiques  qui parlent en son nom. Il faut chercher à connaitre le PNP sur ses discours, ses positions et sur ses propos.

Maintenant on ne le fait pas, on contourne la difficulté, pour s’interroger sur  mon origine, ma religion, mon ethnie, on essaye d’analyser même ma conscience. Nous parlons de l’unité d’action des partis politiques de l’opposition et nous parlons aussi de mobilisation. C’est l’identité du PNP. Nous parlons du retour à la constitution de 1992, du départ de Faure. C’est sur ce terrain que nous attendons nos contradicteurs ou les contributeurs éventuels.

Mais, aujourd’hui, personne n’a fait un sondage à Bè pour savoir si nous avons là des militants ou pas, à Aného ou autres.  C’est sur le terrain du débat que nous attendons les autres. Quand vous  prenez un pays démocratique comme les USA, on est Démocrate ou Républicain  de père en fils. C’est au tour de la table lors des dîners qu’on discute politique. Vous avez des Etats ou l’un où l’autre des partis ne gagnent jamais.

Mais, au Togo, on veut nous faire comprendre que,  le démocrate, c’est celui qui choisit le leader d’une région éloignée de sa région d’origine. La démocratie c’est la liberté de choix. […]. Moi j’étais arrivé au PDR par défaut. Le parti dont je voulais prendre la carte c’était le parti de Tavio Amorin, le Parti socialiste panafricain. Mais, il a été assassiné. Je pense que les journalistes doivent essayer de connaître le passé des leaders politique. Se renseigner sur leur histoire  scolaire et universitaire, sur leurs parcours associatif et professionnels. Celui qui parle se dénude, mais si vous ne le faites pas, on ne peut pas imaginer ce que vous pensez.

Moi, en tant que Tikpi Atchadam, j’ai créé avec des camarades en 1996 une association que nous appelons le Club Afrique debout  (CAD), qui sont les initiales du Prof Cheikh Anta Diop. Ce club a organisé des conférences dans les écoles et des lycées, des expositions, des émissions radio. J’ai passé 8 mois sur Tropique Fm à parler de l’Afrique,  de l’apport de l’Afrique à l’humanité, en sciences exactes et en sciences humaines. Nous avons aussi parlé de l’unité culturelle et historique de l’Afrique noire. J’ai eu à développer la parenté qui existe entre les différentes ethnies africaines  et j’ai même sorti une liste d’une centaine de mots communs entre le mina et le Tem, histoire de rechercher l’unité dans l’intérêt de la construction des Etas unis d’Afrique. C’est ce que nous recherchons.

Le parti s’appelle Parti national panafricain. Il  ne  faut pas nous couper la dernière lettre. J’ai également passé plusieurs mois sur la TV2 pour parler de l’unité africaine. Pas qu’on vienne me dire que je suis un ethniciste.   Un panafricaniste ethniciste ? Ça n’existe pas. Je pense que ceux qui parlent comme cela ne veulent pas travailler. La politique, ce n’est pas de mettre les bâtons dans les roues, ce n’est pas du commérage. C’est le travail, le débat objectif. Il faut sortir des catégories créées par Eyadéma.

 La chefferie traditionnelle aussi vous tient également à cœur ?

La chefferie a été détruite, déstructurée par le système RPT-UNIR. Il n’y a même pas de chefferie.  La dernière fois,  le président Ghanéen est arrivé au Togo, quand il est allé saluer un roi du Ghana, il s’est baissé et le roi était assis. Quand il est arrivé au Togo, tous les rois étaient debout, l’attendant sous le soleil. Un roi debout en Afrique, c’est inconcevable. Debout dans la foule en train d’attendre un autre, à la limite c’est du blasphème.

Eyadéma a détruit la royauté, quelque chose qui a de la valeur dans la civilisation négro-africaine. C’est de la royauté que les Négro africains ont créé l’Etat contrairement à ce qui se dit. Si Eyadéma a passé son temps à détruire la royauté, il faut la réhabiliter et le PNP a un programme là-dessus.  Nous parlerons de royauté et non de chefferie. Un roi sera appelé par son lexique propre. Quand nous rencontrerons un roi Ewe, on l’appellera Togbui ; un roi Tchokossi de Mango, on l’appellera Fêmè ; un roi Tem s’appellera désormais   Ouro et non chef.

Pour finir, quel message avez-vous à l’endroit du régime de Faure Gnassingbé, à vos camarades de l’opposition et à l’ensemble du peuple togolais ?

Au régime en place, je pense qu’il faut avoir une réflexion franche. Le moment où nous sommes arrivés, je pense que  le moment est venu pour une réunion de vérité au RPT-UNIR pour tenter de sauver la situation. Il n’est pas tard pour sauver la situation et tout va dépendre de la position de Faure. C’est pour cela qu’il faut qu’il relise notre déclaration de Tchamba. Ce n’est pas une querelle de personnes.

Nous ne cherchons pas à avoir la tête de Faure. Pas du tout. Donc je pense qu’ils doivent se retrouver et analyser la situation de façon froide, sans parti pris et voir ce qu’il faut faire pour sauver ce pays. On a duré dans le conflit. La réconciliation nationale date de 1963 et on n’en finit pas. Il faut réfléchir de façon profonde. Çe qu’Awa Nana est en train de faire, c’est du rafistolage, du ravalement  de surface. Ca ne touche pas la structure elle-même de la situation. Ils doivent réfléchir et dire la vérité à Faure. Faure lui aussi doit se dire la vérité. S’enfermer dans la chambre et se dire que c’est pour lui que travaille tout ce monde, ce n’est pas ma voix. Quelle doit être la finalité de la vie sur terre ? Quel nom je vais laisser après moi ? Il doit se poser ces questions fondamentales dans sa chambre, individuellement. Lui Faure face à Faure.

Du côté de la population, nous parlons d’une mobilisation. Mais, une mobilisation pacifique. Si nous usons de la violence, nous faisons le jeu du pouvoir et ils nous attendent sur le terrain de la violence. Et je répète cette phrase : Tout peuple debout, peut arriver à bout de n’importe quel dictateur, quelle que soit sa posture.

Merci de votre disponibilité.

C’est plutôt moi qui vous remercie

Interview réalisée par Shalom Ametokpo

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