Sans détour:Le dialogue sur le bout des lèvres, les armes à la main

 

« Tout art de la guerre repose sur la duperie », (Sun Tzu)

En guerre contre son propre peuple depuis le 19 août 2017, le pouvoir togolais a annoncé lundi « la cessation des hostilités » au travers d’un dialogue qui se veut être inclusif. En fait il n’en est rien! Quelques heures à peine après, voilà le pouvoir qui surprend l’opinion en assiégeant totalement Sokodé, fief natal de Tikpi Atchadam, leader du Parti National Panafricain, et Bafilo, une autre ville de l’intérieur. Un scenario absolument inimaginable au regard du contexte dans lequel se tient la nouvelle série des manifestations à l’appel de la coalition des 14 partis de l’opposition. D’abord la levée de l’interdiction liberticide frappant les manifestations de rue les jours ouvrables, ensuite le respect de la procédure par les organisateurs des manifestations des 7, 8 et 9 novembre 2017 et…enfin, l’annonce de la main tendue du gouvernement.

De toute évidence, cette attitude consistant à prendre à parti ces deux villes de l’intérieur cache mal la haine tenace du régime contre elles. Les scènes atroces qui s’y déroulent contrastent fortement et étrangement avec ce qui se passe à Lomé et dans d’autres villes de l’intérieur. Mêmes manifestations, deux sorts différents. Cette attitude pose un sérieux problème de gouvernance et de crédibilité, par-delà toute autre considération. Quelle option Faure Gnassingbé privilégie-t-il au final ? Le dialogue annoncé ou l’épreuve de force ? Rien qu’à tenter de démêler l’écheveau, on s’y perd très rapidement, car entre les discours du pouvoir et ses actes, le fossé est abyssal. Peut-on dorénavant croire en son sérieux?

Une révélation d’une logique indiscutable faite par un ministre conseiller de Gnassingbé II sur les ondes de radio Victoire fm est que le communiqué du gouvernement annonçant le dialogue imminent entre les acteurs politiques togolais ne pouvait pas ne pas recevoir l’onction de l’héritier d’Eyadéma au trône. C’est en fait, un truisme. Ce raisonnement doit valoir in extenso, s’agissant des actes barbares en cours dans les deux villes cataloguées « villes rebelles ». Notre pays est donc en danger, encore que cette situation met en exergue l’existence de deux pôles de décision en matière de sécurité. Un premier pôle animé par le Colonel Yark Damehane, ès qualité ministre de la Sécurité et de la Protection civile, et un autre plus puissant où les sécurocrates règnent en maîtres.

A l’aune des cafouillages du ministre de la Sécurité sur les événements en cours dans les deux villes, notamment en disant d’abord qu’il n’en était pas informé, ensuite en tentant de reprendre la main sur les ondes de BBC où il tente de réduire le légal à « l’humainement conseillé » et enfin en appelant la coalition des 14 à jouer la carte de la prudence, on est fondé à affirmer que l’ « officier 5 mètres » ne maîtrise pas du tout la situation et est doublé dans son champ de compétences par les sécurocrates du régime. Les images de militaires à l’œuvre en sont la preuve irréfutable. En effet, ces derniers ne relèvent pas de sa tutelle.

Mais au final, le dialogue annoncé tambour battant n’est-il pas une annonce canular ? Un trompe-l’œil ? Tout bien analysé, il n’y a aucune raison, mais alors absolument aucune, de promettre l’initiative annoncée comme voie de salut, à un plus brillant sort que les précédents dialogues. La duperie, c’est une spécialité du RPT/UNIR. Comprenne qui pourra.

Meursault A.

 

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