Sans détour: Le Prof. Kako Nubukpo dans un rôle peu élogieux !

 

« La lâcheté tend à projeter sur les autres la responsabilité qu’on refuse »( Julio Cortazar)

Jusqu’au 28 mai 2017, Kako Nubukpo incarnait à lui tout seul, l’image de ces Togolais qui se battent pour leurs convictions. Un porte-étendard de la lutte contre  la servitude monétaire d’une bonne frange des Africains assujettis au FCFA. Une servitude volontaire, selon lui. On se rappelle que, même coopté au gouvernement togolais, il n’avait rien perdu de ses envolées lyriques ni de ses positions anti CFA. Non reconduit, il payait sans doute le prix de son engagement à sortir l’Afrique de cette servitude volontaire, bien qu’un poste au gouvernement ne soit pas une entrée dans la fonction publique, ni une assurance-vie en termes de carrière. Intellectuel de renom, il était également une bonne référence. Une somme de valeurs. Qui ne voudrait pas s’identifier à cet homme ?

Seulement, à la date susvisée, alors qu’il présentait des excuses à Faure Gnassingbé et à Alassane Dramane Ouattara pour certains propos par lui tenus lors de la conférence-débat qu’il avait organisée le 24 mai 2017 en réplique à celle du Directeur Général de la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) toujours dans ce haut lieu de diffusion du savoir scientifique qu’est l’Université de Lomé, il a mis les pieds dans le plat. Et même jeté du discrédit sur ceux qui, tout en relayant à travers leurs différents canaux,  la quintessence de son message, ne se sont pas empêchés de révéler le motif de son éviction du gouvernement. « J’ai quitté le gouvernement parce qu’il y a un président étranger, Ouattara qui a demandé à notre président Faure de me virer du gouvernement parce que je critique le FCFA », avait-il dardé. Voilà la révélation dont la reprise par les médias fâche.

Le Prof Kako Nubukpo se serait-il fait remonter les bretelles par – suivez mon regard – ? Ou bien a-t-il été saisi d’un subit désir de « repentir actif » ? Aurait-il été pris de remords ? Une chose est sûre, dans son effort de faire amende honorable, le professeur a franchi la ligne rouge. Il est allé trop loin. En indexant tout de go le monde non universitaire et la presse pour avoir relayé, à des « fins non avouables » certains de ses propos sortis, selon lui de leur contexte dans les médias et sur les réseaux sociaux, le grand Kako Nubukpo pèche par sectarisme. Il exclut sans preuve de ceux qui ont relayé ses propos, les étudiants, fussent-ils de la FASEG. A l’heure des réseaux sociaux ! Plus  particulièrement, il jette du discrédit sur la presse togolaise en l’accusant en des termes à peine voilés, d’avoir dénaturé ses propos.

Faire amende honorable, c’est humain. Si le grand militant anti CFA réalise à retardement, qu’une fois à certaines strates de l’évolution socioprofessionnelle, il y a des vérités que, par hauteur d’esprit,  il aurait dû garder secrètes, au risque de causer des situations ingérables, personne ne peut le blâmer. Si cette sortie médiatique peut lui permettre d’être en harmonie avec lui-même ou avec ses relations humaines soient-elles haut perchées, tant mieux. « Presque toujours, la responsabilité confère à l’homme de la grandeur », dixit Stefan Zweig  in « Fouché ». Mais s’attaquer en règle à des professionnels des médias, les invectiver et les traiter d’amnésiques, pour le grand prof, c’est refuser d’assumer ses responsabilités et tenter de les projeter sur autrui. Kako Nubukpo est en train de filer un mauvais coton. Vivement qu’il prenne de la hauteur. Les Africains épris de liberté lui en sauront gré.

Meursault A.

 

 

 

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