Sans détour: Le légalisme à la carte du RPT/UNIR

 

« La démocratie du plus fort est toujours la meilleure. C’est comme ça », (Alpha Blondy)

De façon irréfragable, le RPT/UNIR achève de convaincre l’opinion nationale et internationale d’une chose. Il est attaché à un régime qui brille par un façadisme démocratique. Ce que d’aucuns appellent une démocratie de faciès. Blanc bonnet, bonnet blanc. Dans ce type de régime, tout fonctionne, ou plutôt donne l’impression de fonctionner exactement comme dans une véritable RES PUBLICA. On a beau leur coller des noms d’oiseaux, la réalité est que le tyranneau et ses jeunes loups  aiment la démocratie. Ils l’adorent d’ailleurs, évidemment lorsqu’elle les arrange. En moins de vingt-quatre (24) heures, les tenants de l’ordre ancien ont asséné (sic) deux leçons aux forces démocratiques : aucune modification constitutionnelle n’est possible suivant une procédure d’urgence, rappelle le Secrétaire général du parlement togolais, Alphonse Waguena, invoquant la disposition 110 du Règlement intérieur de cette institution de la République.

On a presqu’envie de lui faire faire a « glimpse into the past ». Quinze (15) ans en arrière, plus exactement en décembre 2002, un scenario tout à fait aux antipodes des prêchi-prêcha de ce député RPT/UNIR se déroula, sous les regards hagards des Togolais et de la Communauté Internationale. En vingt-quatre (24) heures chrono, tout le dispositif constitutionnel monté dans une quasi-unanimité par le peuple togolais au travers d’un référendum, avait été déconstruit. Par une Assemblée nationale monopartite RPT. Nul besoin de préciser que c’était en procédure d’urgence. Bon Dieu ! Comme ils peuvent avoir la mémoire courte. Cette disposition d’« impeachment » de toute réforme constitutionnelle en procédure d’urgence n’est pourtant pas une invention ni une création postérieure du Règlement Intérieur au tripatouillage de 2002. Si les distorsions légales arrangent le pouvoir, vive la « légalité » dans le sens RPT/UNIR. Si la proposition de l’opposition ne l’arrange pas, vive toujours la légalité. Bref, dans tous les cas, c’est la démocratie du RPT/UNIR qui est toujours la meilleure. « Démocrature, dictature camouflée, démocratie truquée », écrivait Max Liniger-Goumaz.

Et lorsque Gilbert Bawara convoque la légalité au point d’affirmer en substance sur une onde de l’envergure de RFI que toute manifestation devant l’hémicycle (ndlr : l’Assemblée nationale) ce mardi serait illégale, se référant ainsi à l’appel du front anti-Faure Gnassingbé à l’endroit des populations, ne vous y trompez pas. C’est parce que cette loi profite à la minorité pilleuse dont il est une figure incontestable. La session extraordinaire convoquée hier mais suspendue, aux dernières nouvelles, devait se dérouler à huis clos, a-t-il fait valoir. Son argumentaire peine pourtant à résister à pas mal de forfaitures commises dans un passé encore bien récent, notamment le quadrillage de l’Assemblée nationale par la soldatesque à l’occasion de l’adoption de la loi scélérate, inique sur la création de nouvelles préfectures. La session parlementaire sur le sujet ne s’était pas déroulée à huis clos. Cependant, même la presse n’y était pas la bienvenue.

Dans les démocratures, c’est une réalité incontestable ; la démocratie n’a des vertus jouissives…que tant qu’elle sert la cause des dictateurs. Lorsqu’elle est en revanche invoquée par les empêcheurs de tourner en rond, la réponse cinglante, devenue un refrain, mieux un tube à succès dans notre bled est : « Démocratie oui, mais le Togo a ses propres réalités ».

Meursault A.

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