Sans détour: La nouvelle dérive dictatoriale du RPT/UNIR

 

« L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté », (J.J. Rousseau)

Maudit soit le jour où, dans un esprit de compromis, la coalition des 14 partis de l’opposition a concédé l’arrêt des manifestations publiques. Car sans le vouloir, elle a offert au système RPT/UNIR l’arme dont il use et même abuse pour confisquer l’exercice des libertés publiques. Faut-il interdire dans l’absolu les manifestations de rue au nom d’une interprétation disons plutôt d’une extension à l’infini du règlement intérieur qui régit le dialogue politique ?

Cette question pose un problème de droit ; or le pouvoir RPT/UNIR ne se plie pas à l’autorité de la loi. Samedi 07 avril 2018, le Professeur David Dosseh et son camarade de lutte Gbandjou ont payé de leur liberté leur envie d’engager une épreuve de force avec Fogan Adegnon, président de la délégation spéciale de la ville de Lomé. Celui-ci a envoyé la force publique cueillir les deux frontistes au lieu prévu pour le meeting, dans les environs du quartier Casablanca. Il ne s’agit pourtant que du règlement intérieur convenu pour régir le dialogue politique. Les deux leaders du FCTD n’ont été libérés que tard samedi. Un compromis politique qui n’était censé engager que les parties au dialogue, le pouvoir en étend les effets à tous, sans discrimination : organisation de la société civile, coalition politique, etc.

Le pire, cette interdiction n’a été notifiée aux frontistes que tard, dans la soirée  du 06 avril 2018, soit la veille du jour de la manifestation, violant ainsi les dispositions légales encadrant la liberté de réunion et de manifestation qui prescrit la notification de l’interdiction 72 heures avant ; et entraînant une impossibilité pour les organisateurs de ce meeting de saisir la Cour constitutionnelle pour statuer sur ce refus, conformément aux voies de recours prévues par le législateur de la loi dite « Bodjona ».

De toute évidence, tout est fait pour nuire ou priver du libre exercice de la liberté de réunion et de manifestation publique. Face à cette attitude despotique, de deux choses l’une : soit les organisateurs engagent une épreuve de force pour dénoncer l’arbitraire, soit ils se résignent et continuent de subir les envies scélérates des autorités en charge de la commune de Lomé. Si les citoyens devraient se soumettre à des mesures arbitraires sans disposer de moyens de les faire annuler, (re) bienvenue au Togo des années de dictature d’Eyadéma.

Belote, rebelote, le pouvoir se fonde sur ce fameux « compromis » pour priver à nouveau la Coalition des 14 partis d’opposition de leur liberté de manifestation. Il ne voudrait pas se rendre complice de la violation d’une recommandation du dialogue politique, darde-t-il. Ce qui ne fait pas sens dès lors que c’est dans le cadre du même dialogue que le pouvoir a concédé au forceps la suspension du processus électoral ; or il continue de le dérouler tranquillement au nez et à la barbe de tous.

Visiblement, Faure Gnassingbé et collabos sont décidés à embrigader l‘exercice de toute manifestation publique de l’opposition, des organisations corporatistes ou de la société civile. Halte à ce recul de l’Etat de droit sur la terre de nos Aïeux.

Meursault A.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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