Sans détour:  Gangstérisme d’Etat!

 

« Etat : gangstérisme officialisé », (Louis Calaferte)

On ne le dira jamais assez, le Togo n’est pas un Etat de droit ni un Etat qui se veut de droit. Sous le RPT incarné par feu Eyadéma, il était une dictature féroce et tous les apparats démocratiques dont il s’était doté n’avaient jamais réussi à gommer sa vraie nature. Sous Faure Gnassingbé et son UNIR, les réformes en profondeur annoncées tambour battant, sont demeurées au stade de bonnes intentions, la rupture d’avec une gouvernance par la terreur, un slogan de campagne. Nourri au biberon de la gestion des affaires de la cité par la violence et le règne du climat de terreur, Gnassingbé 2nd démontre l’extraordinaire supercherie politique que représente le « Lui c’est lui, moi c’est moi » qu’il avait prétexté, dans sa tentative de créer l’illusion d’une rupture totale d’avec son géniteur s’agissant de l’approche, la conquête et la gestion du pouvoir d’Etat. Le fruit, comme on le voit, n’est pas tombé loin de l’arbre.

Ayons le courage de le dire, notre pays est entre les mains d’un clan de pilleurs, mieux, d’un conglomérat d’intérêts décidé à édifier leur empire sur des champs de ruine. Mais était-il besoin de réveiller les démons qui sommeillaient ? L’image de ville au double visage que présentait hier Lomé (fantôme par endroits et vivant au rythme de guérillas urbaines ailleurs) ainsi que les scènes atroces et effroyables de milices armées jusqu’aux dents paradant dans notre capitale à la recherche de « gibiers » ont fait froid dans le dos.

Atikoumé, Bè Gakpoto, Tokoin Doumasséssé, Adidogomé, Ségbé pour ne citer que ces quartiers, n’ont pas échappé à la folie meurtrière de ces hommes encagoulés, à bord de pick-up non immatriculés. Ils ont martyrisé les manifestants qui se massaient pour battre les pavés, à l’appel des forces démocratiques. Munis d’armes blanches, de fusils et autres, ils ont opéré visiblement en territoire conquis. Mais pas dans l’absolu puisque par endroits, des jeunes se sont organisés pour leur tenir les dragées hautes et, parfois les tenir en respect. Méthode de gangsters que celle de ces individus sans foi ni loi, affublés de titre de gouvernants.

Définitivement, ceux au sein de l’opinion nationale et internationale qui doutaient encore des penchants sauvages de ceux qui dirigent le Togo sont servis. Ils viennent d’avoir l’ultime preuve que ce régime se nourrit du sang et que la paix qu’il déclame au quotidien n’est qu’une absurdité dans l’imaginaire collectif de ses dignitaires. Que dire donc ? Ceux qui organisent la résistance à l’oppression ont-ils tort ? Devaient-ils boire jusqu’à la lie le calice des diktats de ceux qui, par leurs comportements successifs, se sont décrédibilisés à tous points de vue et disqualifiés à exercer une quelconque fonction étatique ?

Comment comprendre la parfaite collusion entre les forces régulières et les milices et l’immunité dont jouissent ces criminels-nés ? 2005, 15 septembre 2012, et maintenant 18 octobre 2017…Devrait-on assister impuissant à ce que la liste de ces dates de sinistre mémoire portant la griffe de la barbarie de Faure Gnassingbé ainsi que sa bande de criminels et autres hors-la-loi s’allonge à l’infini ? Toutes ces erreurs de gouvernance prouvent à suffisance que le destin présidentiel du fils d’Eyadéma est une anomalie de l’histoire, pire, une calamité.

Désormais, le « Faure must go ! » ne doit plus se limiter à une revendication politique. Il doit s’incarner dans une réalité vivable et vécue sur la Terre de nos Aïeux. A chaque homme épris de vérité, de justice et de paix de jouer sa partition pour l’avènement d’un Togo nouveau !

Meursault A.

1 Commentaire pour “Sans détour:  Gangstérisme d’Etat!”

  1. […] Pour le quotidien d’opposition Liberté, il ne fait guère de doute que ces hommes sont à la solde du pouvoir…. Liberté qui parle de « gangstérisme d’Etat : l’image de ville au double visage que présentait hier Lomé (fantôme par endroits et vivant au rythme de guérillas urbaines ailleurs) ainsi que les scènes atroces et effroyables de milices armées jusqu’aux dents paradant dans notre capitale à la recherche de  » gibiers  » ont fait froid dans le dos, s’exclame le quotidien togolais. […]

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