Sans détour: Au-delà d’un accord de principe

 

« Peu importe que ce soit un dialogue ou un monologue, les gens ne comprennent et ne saisissent que ce qui fait leur affaire », (Henri Lafrance)

Dialogue, dialogue, dialogue !Aujourd’hui, même si une certaine frange de la population togolaise se montre hostile à toute initiative de dialogue, pour la raison évidente de la supercherie politique que ce moyen a toujours constituée pour le pouvoir RPT/UNIR, majoritairement l’opinion nationale y semble favorable à condition qu’elle ne soit pas une manœuvre de plus du parti au pouvoir. Au niveau de la classe politique, tout au moins du bout des lèvres, on se dit disposé pour. Mais du côté du pouvoir, il y a toujours des actes qui compromettent la bonne tenue voire la réussite du dialogue tant annoncé et dans les vertus duquel croit tant la communauté internationale. Depuis que l’opposition martèle ses préalables dont la levée du siège de fait sur les villes du Nord, notamment Sokodé, Bafilo, Mango, la libération des détenus politiques et autres, la réaction du pouvoir reste timide même si un premier geste a déjà été fait en ce sens, disait-on,  pour décrisper le climat politique.

Au-delà d’un accord de principe et de ce qui s’apparente à une déclaration de principe, la bonne foi de Faure Gnassingbé reste sujette à caution. L’accalmie que l’on observe dans le paysage politique avec une trêve apparente concernant les manifestations de rue semble la période idéale pour multiplier les gestes de bonne volonté politique et donner forme au dialogue. Mais rien de tel ne se fait, en dehors des déclarations de Faure Gnassingbé professant à nouveau sa foi dans le dialogue. Au contraire, ce sont les propos venant du camp du chef de l’Etat qui jettent une vaste ombre sur le sérieux du dialogue que les Togolais veulent constructif.

Les propos de Christian Trimua « décrétant » celle du débat sur le départ hic et nunc de Faure Gnassingbé du pouvoir et celle du débat sur sa non-candidature en 2020 sonnent aux antipodes de tout dialogue sérieux. Cette duperie ne traduit-elle pas la réalité que l’on se fait à propos du dialogue annoncé du côté des « Fauristes » ? A qui profite ce double jeu du pouvoir ? A Faure Gnassingbé ? Si cette position aussi tranchée de ce conseiller est la conviction partagée par le Chef de l’Etat, gageons que le dialogue à venir ne sera qu’une vaine initiative concertée.

Au-delà de l’accord de principe, Faure Gnassingbé est-il disposé à quelque concession possible sur ses prétentions d’un bail à vie sur le fauteuil présidentiel ? Et la coalition des 14 ? Quelle concession pourrait-elle faire, au nom de la paix ? S’il suffisait d’invoquer du bout des lèvres le dialogue pour que la paix soit, il y a longtemps que les crises de par le monde seraient réglées. Un dialogue ne porte de fruits que lorsque les protagonistes des crises croient dans ses vertus cardinales. Ici, il est évident que la conviction manque cruellement. Pour faire croire à un minimum de bonne foi de sa part, Faure Gnassingbé devrait incessamment poser les premiers pas. Car tout comme la paix, le dialogue suppose une  prédisposition, un comportement.

Au-delà d’un accord de principe, il est temps de passer aux choses sérieuses.

Meursault A.

 

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