Report du sommet Afrique-Israël: La Conférence ministérielle de la Francophonie et le sommet de la CEDEAO aussi menacés

 

Et d’un ! Si Faure Gnassingbé et son régime ne changent pas leur fusil d’épaule, l’image du Togo sera des plus écornées à l’international. Le gouvernement a officiellement annoncé le report du premier sommet Afrique-Israël. Seulement, il n’y pas que cette rencontre que le pays devrait abriter au cours du dernier trimestre de 2017 et à l’allure où monte le ras-le-bol de la population togolaise dans son entièreté, bien malin qui peut garantir que les deux autres rencontres prévues pour novembre et décembre pourront se tenir.

« Suite à la demande du président Faure Gnassingbé, et d’un commun accord avec le Premier ministre israélien, le Sommet Afrique-Israël, prévu pour se tenir à Lomé du 23 au 27 octobre 2017, a été reporté. Selon le communiqué publié lundi par le ministère israélien des Affaires étrangères, le chef de l’Etat togolais a indiqué que ce report ‘permettra d’optimiser les préparations et d’assurer la réussite de cet évènement… », c’est en ces termes que le gouvernement via republicoftogo.com a distillé l’information sur le report du sommet Afrique-Israël. Par rapport aux pérégrinations du ministre des Affaires Etrangères Robert Dussey et de Faure Gnassingbé himself, il faut reconnaître que le coup doit être dur à encaisser. Malheureusement, ce report risque d’être le début d’une série noire pour la diplomatie togolaise.

En novembre prochain, Lomé devrait accueillir la Conférence ministérielle de la Francophonie et cette réunion ne devrait présenter que des avantages tels  des retombées diplomatiques, une exposition dans les médias étrangers et davantage de crédibilité auprès des investisseurs dans le choix d’investir au Togo, selon Robert Dussey, le chef de la diplomatie togolaise. Mais pour bénéficier de tout cela, il faut d’abord qu’en interne les autorités soient à l’écoute des populations et respectent les principes démocratiques. Mais avec les répressions des manifestations de ces derniers jours, la tenue de cette rencontre prévue pour se tenir du 24 au 26 novembre prochains risque aussi, tout comme le sommet Afrique-Israël, de se conjuguer en pointillés. La faute à la surdité des autorités aux aspirations légitimes du peuple et à la non-application des accords signés avec l’opposition. Et ce n’est pas fini.

De mémoire des ressortissants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), jamais un président en exercice n’a eu à organiser un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement en dehors de son pays. Mais ceci risque d’arriver au Togo.

La 52ème session ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement est censée se tenir à Lomé, Faure Gnassingbé ayant été porté à la tête de l’organisation. « Une désignation qui résulte de la nomination du Chef de l’Etat togolais, SEM Faure Essozimna Gnassingbé comme président en exercice de l’organisation communautaire. Les invités de marque de cette 52ème session ordinaire sont déjà connus. Le roi Mohammed VI du Maroc fera le déplacement à Lomé. Les résultats de l’examen de la demande d’adhésion du royaume chérifien seront présentés lors de cette assise. Après l’accord de principe obtenu à Monrovia, la Commission de la CEDEAO se chargera d’examiner les implications d’une telle adhésion, conformément aux dispositions du Traité Révisé de l’organisation. Le Chef de l’Etat tunisien, Béji Caïd Essebsi, et son homologue de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, seront également présents à Lomé », croit savoir le site du gouvernement le 5 juin dernier. Décembre était le mois prévu à cet effet. Mais cette rencontre suivra-t-elle le même chemin que celui du sommet Afrique-Israël ? Dans l’affirmative, l’affront serait indélébile.

En effet, tous les présidents qui se sont succédé à la tête de cette communauté ont toujours tenu de telles rencontres dans leur pays. Aucun n’y a encore dérogé pour quelque motif que ce soit. Mais aujourd’hui, à l’aune du bras de fer qui se poursuit à Lomé entre le pouvoir et les forces démocratiques sur le sujet des réformes, l’organisation de la 52ème session semble d’ores et déjà compromise. A moins que Faure Gnassingbé se résigne à faire contre mauvaise fortune bon cœur et à lâcher véritablement du lest sur ses prétentions à demeurer ad vitam aeternam au pouvoir, c’est le monde entier qui découvrira sa face cachée.

Autant de rendez-vous qui interpellent les gouvernants. Le sommet du mois prochain vient d’être reporté et personne ne peut prédire la prochaine date qui sera retenue. Les deux autres évènements suivront-ils le même chemin, ou bien assistera-t-on à un sursaut patriotique de la part du chef de l’Etat du Togo ? Les regards du monde sont résolument tournés vers le pays et ses remous sociaux.

Abbé Faria      

 

 

Répondre

____________________

____________________


_____________________

______________________

                                                      

Galerie photo

Connexion | Designed by