RDC / Le « Rassemblement » au bord de l’implosion !

 

De nouveaux clivages se font jour au sein du Rassemblement, principale coalition de l’opposition. A la faveur des consultations que mène le  Premier ministre Bruno Tsibala en vue de la formation du gouvernement de transition. A cette allure, cette coalition ou ce qu’il en reste, risque de se désintégrer totalement, de se fragiliser davantage et du coup, de laisser libre cours aux desiderata de Joseph Kabila.

En effet, d’un côté, il y a les « nonistes », ceux qui rejettent les consultations en cours sans poser de préalable…car ils estiment que la nomination de Bruno Tsibala à la Primature n’est pas conforme à l’accord du 31 décembre 2016. Eux, ce sont les Katumbistes avec comme chef de file, Pierre Lumbi, issu du G7. Leur favori pour la présidentielle censée se tenir avant fin 2016 au plus tard est Moïse Katumbi. « Le rassemblement tient à informer l’opinion tant nationale qu’internationale qu’il ne participera pas aux consultations initiées par M. Bruno Tsibala pour la formation de son gouvernement. De plus, le Rassemblement souligne qu’il n’a mandaté personne pour le représenter auxdites consultations », indique ce camp dans un communiqué rendu public.

Ce communiqué signé de Pierre Lumbi, président du Conseil des Sages du Rassemblement n’engage visiblement que son signataire et ses inconditionnels. En effet, l’aile du Rassemblement proche de Félix Tshisekedi, fils d’Etienne Tshisekedi clame , en ce qui la concerne, que la nomination du Premier ministre s’est faite en vertu du compromis politique du 31 décembre. Mais elle pose des préalables à toute participation aux consultations notamment la signature des arrangements particuliers. Voilà qui jette un pavé dans la mare et sème une confusion monstre dans les esprits. Aux premières heures de la nomination de Bruno Tsibala au poste de Premier ministre, d’une seule et même voix, le Rassemblement avait pourtant estimé que c’était un non-événement et même maintenu des manifestations finalement interdites par les autorités policières pour « un grand risque insurrectionnel » qu’elles comporteraient. Pour rappel, Jean-Marc Kabund, Secrétaire général de l’UDPS déclarait : « La nomination de Bruno Tshibala comme Premier ministre est « un non-événement » pour l’UDPS et le Rassemblement d’une manière générale », a-t-il affirmé vendredi 7 avril. Pour lui, « M. Kabila n’a résolu aucun problème, tout au contraire, il en a créé davantage ». «Cette nomination intervient dans un moment très tendu où le peuple congolais attendait la mise en œuvre sans faille de l’accord du 31 décembre 2016 qui reste l’unique cadre légal et légitime des institutions de la République » ; et de darder que la nomination de Bruno Tsibala ne repose sur aucun cadre juridique.

Qu’est-ce qui explique ce revirement spectaculaire en si peu de temps ? Une volonté de s’aligner derrière Félix Tshisekedi qui rêve de président tout comme Moïse Katumbi ? Il y a vraiment de l’eau dans le gaz et les fidèles de Félix Tshisekedi n’en démordent pas : « Apparemment, le moment est venu où nous devons dire tout haut qu’au sein du Rassemblement de Félix Tshisekedi il y a deux camps. Pourquoi vous voulez qu’on puisse se cacher ? Quand nous parlons du G7, on sait que la plateforme s’était réunie et a choisi Moïse Katumbi pour candidat à la présidentielle. Mais nous la CAT (Coalition des amis de Tshisekedi) nous le disons clairement aussi que notre candidat, c’est Félix Tshisekedi. Nous sommes à moins d’un an de la présidentielle. Pourquoi veulent-ils nous l’interdire de réfléchir, de quel droit? », s’interroge M. Lisanga.

Le Rassemblement traverse une zone de fortes turbulences et tout semble laisser croire que ce nouveau feuilleton débouchera sur une redistribution des cartes politiques en RDC. Une opposition qui brille davantage par ses querelles de clochers, ses divisions fratricides et qui finit par se mettre en lambeaux peut-elle mettre en déroute tous les plans que mijote le camp Joseph Kabila pour se maintenir au pouvoir plus longtemps ?

D’abord une crise de succession à la tête du Rassemblement suite au décès d’Etienne Tshisekedi, l’opposant emblématique au régime Kabila ; entrainant une césure et envoyant Joseph Olenghankoy ainsi que Bruno Tsibala, ex-secrétaire général adjoint de l’UDPS dans le camp des dissidents de l’aile Félix Tshisekedi- Pierre Lumbi. Ensuite une autre crise née d’une volonté de candidature de Moïse Katumbi et de Félix Tshisekedi qui met désormais aux prises les deux têtes d’affiche de l’autre aile du Rassemblement. Visiblement, les jours de vie de cette coalition restent bien comptés.

Dans la vie, il est des coups providentiels inattendus. Le décès d’Etienne Tshisekedi en pleins pourparlers en vue de la signature des arrangements particuliers en est un pour Joseph Kabila et ses collabos. Depuis lors, le « Rassemblement », unique force de l’opposition à même de compromettre ses plans machiavéliques, s’empêtre dans des crises qui s’enchainent. Plus fragilisée que jamais, cette coalition n’apparait désormais que comme une coquille vide. Faisant dire à nombre d’analystes qu’Etienne Tshisekedi était l’unique cordon ombilical qui maintenait soudées toutes les forces démocratiques au sein du « Rassemblement ». Sa stature, sa longue carrière politique et sa combativité à toute épreuve forçaient admiration et respect.

A présent, Joseph Kabila a quasiment les coudées franches et pourrait à loisir surfer sur les divisions de l’opposition pour faire une application à la carte de l’accord de la Saint-Sylvestre.

Meursault A.

 

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