Nouvelle stratégie d’électrification au Togo et évaluation des besoins: 1000 milliards FCFA pour quelles capacités énergétiques ?

 

  • Le Togo dépend à 80% de l’énergie extérieure à ce jour !

L’énergie électrique constitue avec les routes des voies de développement incontournables d’un pays. Le Togo s’est lancé dans un projet d’envergure pour apporter de l’énergie à 1,3 million de ménages. 1000 milliards seront nécessaires pour y arriver, selon Abbas Aboulaye, Directeur général de l’Energie. Mais sur la base de quelle évaluation des besoins réels des populations, des industries et de l’administration publique ce montant a-t-il été avancé ? Cette somme servira-t-elle effectivement à installer les différents types de systèmes comme chanté ou servira-t-elle aussi à payer la dépendance énergétique vis-à-vis de l’extérieur ?

« Nous avons besoin de 1000 milliards FCA sur les douze ans; si vous faites le calcul, vous vous rendrez compte que nous devons mobiliser au moins 85 milliards chaque année. Ce que nous attendons des partenaires, c’est de nous apporter leurs observations sur le document, nous sommes prêts à l’améliorer. Mais également de nous dire comment ils vont nous assister pour y arriver. Comme je l’ai dit, nous avons mis en place un cadre incitatif », a déclaré Abbas Aboulaye, Directeur général de l’Energie lors de la table ronde des 27 et 28 juin derniers.

A en croire le gouvernement, l’ambition est de fournir de l’électricité à tous les ménages à l’horizon 2030. Et selon un calendrier publié, le taux de couverture en énergie devra atteindre 50% en 2020, 75% en 2025 et 100% en 2030. Pour un pays qui a longtemps négligé la mise en avant du secteur privé et qui ne dispose pas encore de cadre législatif devant régir la nouvelle forme d’investissement à travers les PPP (partenariat public-privé), ce peut être un rêve difficile à réaliser. Surtout lorsque nulle part, les chiffres sur les besoins en énergie ne sont communiqués par les initiateurs du projet.  1,3 million de ménages à pourvoir ; 0,9 million de localités rurales à desservir; soit 113000 ménages par an pour un besoin de 1000 milliards d’investissement. Mais à raison de quels puissances, voltages, moyenne et basse tension ?

Pour nous être intéressé aux trois dernières Notes de conjoncture périodiquement produites par la Direction de l’Economie du ministère de l’Economie et des Finances, il est apparu qu’au premier trimestre 2017, la production locale de la CEET est évaluée à 5.792.405 kwh. Celle de ContourGlobal Togo s’est élevée à 115.166.094 kwh. Et que les achats d’électricité auprès de la Communauté Electrique du Bénin (CEB) ont atteint 193.217.371 kwh. Soit au total 314.175.870 kWh au 31 mars 2017.

Au second trimestre 2017, les disponibilités totales en énergie électrique de la Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET) s’élèvent à 302.717.814 kwh, en baisse de 3,6% par rapport au premier trimestre 2017.

Et en fin de troisième trimestre 2017, les disponibilités totales en énergie électrique de la CEET s’élèvent à 276.467.102 kwh. En définitive, la disponibilité totale d’énergie au cours des neuf premiers mois de 2017 s’élève à 893.360.786 kwh, pour un nombre d’abonnés évalués à 354.276 clients en fin de troisième trimestre.

Ces chiffres indiquent la dépendance du Togo en énergie vis-à-vis de l’extérieur, et le taux de 80% de dépendance est révélateur de la tâche qui attend les initiateurs du projet actuel. Mais, avant de déterminer et communiquer les besoins de financement dont le gouvernement aura besoin pour mener à terme la nouvelle stratégie d’électrification, n’avait-il pas été recommandé de rendre publics les besoins en pointe des ménages, des entreprises et de l’administration publique ? Ensuite, dire comment les autorités comptent pallier d’une part cette dépendance par rapport à l’extérieur, et d’autre part, comment le phénomène de délestage pourra être endigué ? Si pour moins de 355000 abonnés, la dépendance est de 80% avec des coupures anarchiques sans crier gare, qu’en sera-t-il lorsque 113000 ménages seront connectés chaque année sur dix ans ?

Si le Directeur de l’Energie a pu estimer la somme nécessaire pour réussir le projet, il devrait aussi dire publiquement par exemple le coût et la puissance d’un mini réseau, de même que le nombre d’abonnés qu’il peut supporter, ceci, pour permettre un meilleur suivi et un meilleur contrôler citoyen. Autrement, le pays, déjà endetté au-delà des limites dans l’espace UEMOA, risque d’alourdir son ardoise que d’autres générations auront du mal à payer, les recettes faisant cruellement défaut au niveau de l’Office togolais des recettes (OTR). Le cas Contour Global, une expérience du Partenariat public-privé, reste très décevant à ce jour.

Abbé Faria.

 

 

 

 

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