Manifestations de contestation et réactions du gouvernement: Le « TOUT pour COINCER ATCHADAM» continue et vire à l’obsession

 

. Le pouvoir et les « sécurocrates » versent dans le ridicule

Les forces démocratiques ont repris mercredi les manifestations de réclamation du retour à la Constitution de 1992 et ses implications connexes dont le départ du pouvoir de Faure Gnassingbé. Elles se sont poursuivies hier et d’autres plus corsées sont annoncées pour la semaine prochaine. Mais au lieu de prendre en compte les exigences légitimes des populations, pour avoir la paix tant criée, le pouvoir cherche des faux-fuyants et continue de roder autour de Tikpi Atchadam et du PNP, à la recherche du prétexte pour abattre ce leader et son parti qui en sont pour beaucoup dans le réveil actuel de l’opposition et du peuple. C’est ce qui est manifeste dans le communiqué assez tendancieux rendu public par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, en marge des manifestations ce mercredi à Mango.

Le communiqué en question

 « Alors que les manifestations de ce 20 septembre à l’intérieur du pays se sont globalement déroulées dans le respect des modalités fixées, la ville de Mango où les manifestations n’ont pas été prévues, a été le théâtre de violences provoquées par les partisans du PNP (habillés en rouge).

Cette volonté d’affrontement s’est traduite dès le matin par des agressions contre les cadres du parti UNIR qui se réunissaient au niveau de l’école catholique de Mango.

Devant ce comportement violent, ils ont quitté les lieux avec plusieurs blessés pendant que les membres du PNP mettaient le feu à des voitures et des maisons appartenant aux militants du parti UNIR.

Plus grave encore, des tirs d’armes à feu ont été effectués à partir des rangs des manifestants du PNP et le bilan est lourd : un enfant de 10 ans a été tué, dix personnes blessées dont quatre par fusils de chasse et six par armes de guerre.

Ce comportement est la suite malheureuse des appels lancés la veille par le parti PNP. Les deux tireurs ont été heureusement identifiés et sont activement recherchés. Tout sera mis en œuvre pour que leurs actes ne restent pas impunis.

Le gouvernement présente ses sincères et profondes condoléances à la famille de l’enfant décédé et souhaite un prompt rétablissement à tous les blessés ».

Telle est la quintessence du communiqué rendu public ce mercredi soir au cours du journal de 20 heures sur la TVT, suite aux manifestations de la journée.

Pathétique comme sortie !

S’il y a une chose dans ce communiqué que l’on peut concéder, c’est que la ville de Mango a été effectivement le théâtre de tensions ce mercredi. Il nous est revenu que la population s’est révoltée et a effectivement causé quelques grabuges. Certaines sources parlent de maisons de certains pontes du régime cinquantenaire maléfique visitées (sic). Pas étonnant pour le commun des observateurs que les habitants de cette ville saisissent l’occasion de ces manifestations pour exprimer les ressentiments accumulés à l’égard du pouvoir, elles qui ont beaucoup souffert le martyre de la gouvernance Faure Gnassingbé, avec des morts déplorées. De là à faire porter le chapeau aux militants du PNP, cela pose un petit problème.

Le plus cocasse dans cette histoire, c’est la façon dont on a pu déceler que ce sont les militants de cette formation politique. C’était juste par la couleur des habits portés: le rouge. « La ville de Mango (…) a été le théâtre de violences provoquées par les partisans du PNP (habillés en rouge) », dixit le communiqué, qui a pris soin de donner l’indice entre parenthèses. Mais ce que Yark Damehame semble ignorer, c’est que la couleur rouge n’est pas une particularité ou une création du PNP déclarée à l’OAPI (Organisation africaine de la propriété intellectuelle). Le rouge est aussi la couleur distinctive du Comité d’action pour le renouveau (CAR). Et surtout que c’est la coalition de partis de l’opposition qui organisait les manifestations de contestation, la confusion est vite faite. D’ailleurs tout manifestant pouvait porter un habit rouge sans forcément avoir de lien avec l’un ou l’autre parti. Le bon sens aurait voulu qu’il y ait bien d’autres indices ou précisions qui puissent vraiment lier ces personnes au PNP.

L’autre allusion insidieuse faite dans le communiqué, c’est celle d’imputer la responsabilité des prétendus tirs aux militants du PNP, et aussi du bilan dont un enfant tué (« Des tirs d’armes à feu ont été effectués à partir des rangs des manifestants du PNP et le bilan est lourd : un enfant de 10 ans a été tué, dix personnes blessées dont quatre par fusils de chasse et six par armes de guerre », dixit le communiqué). Dans toute la foule en mouvement, on a pu donc déceler que ce sont les partisans de Tikpi Atchadam qui ont tiré. Il faut avoir des yeux perçants pour arriver à cette conclusion hâtive.

Atchadam et le PNP hantent toujours le pouvoir

C’est le moins que l’on puisse dire. Tikpi Atchadam continue de hanter, mais alors gravement le Prince et ses « sécurocrates », et toutes les occasions sont bonnes pour le coincer. « Tout pour abattre Atchadam et démanteler le PNP », ainsi peut-on dénommer l’opération. Et dans cette dynamique, le pouvoir ne se retient pas et verse carrément dans le ridicule.

Ce mercredi au cours du journal de 20 heures sur la TVT, dans un élément consacré à la présentation du corps du délit (sic) saisi suite aux manifestations du 19 août dernier à Sokodé, on a fait état de faux billets de banque, de flèches, mais aussi de gris-gris saisis lors des perquisitions. « Présenter des flèches comme corps du délit est trop léger. Nous sommes en pays Tem, un peuple de guerriers, et la flèche fait partie des armes utilisées dans cette communauté. Même si on ne fait pas la guerre ou la chasse, par pur respect pour la tradition, beaucoup de gens ont des flèches chez eux, parfois comme simple ornement (…) La perquisition est censée avoir pour objectif de saisir les armes de guerre qui auraient été arrachées aux forces de l’ordre par les manifestants le 19 août dernier ; mais alors qu’est-ce que les gris-gris et les fameux billets ont  avoir avec ça ? Le pouvoir devient ridicule à la fin ! », réagit un observateur avisé. Il n’était pas au bout de son dépit lorsqu’il était aussi mentionné par l’officier qui présentait le corps du délit (sic), que le bœuf abattu à Sokodé, au cours de la terreur que la soldatesque a fait subir aux populations de la ville en prélude aux manifestations des 20 et 21 septembre, l’était tout simplement parce qu’il…menaçait les forces de l’ordre. Assez cocasse non ?!

On ne serait pas étonné que dans les heures ou jours à venir, une chasse aux sorcières soit enclenchée dans la ville de Mango sous le couvert d’opérations de perquisition à la recherche d’armes de guerre, tout comme cela a été organisé à Sokodé…

C’est une constante depuis un moment, à chaque manifestation de la coalition de l’opposition, on doit trouver quelque chose à coller au PNP et à son leader. Tantôt c’est un appel audio à la violence que le gars aurait lancé à ses militants et que le ministre « adviendra que pourra » est le seul à avoir entendu, tantôt ce sont des armes non utilisées au Togo qui seraient tirées par les manifestants, tantôt ce sont des personnes venues de l’extérieur du pays qui infiltreraient la marche pour le faire, d’où les menaces du genre : « S’ils tirent, on réplique »…On est tenté de demander : ce sera quoi la prochaine fois ? Il faut le dire, l’attitude du pouvoir à l’égard de Tikpi Atchadam vire à l’obsession et se résume à ce dicton populaire : qui veut noyer son chien, l’accuse de rage…

 

Tino Kossi

 

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