Manifestations contre le régime RPT/UNIR: Les Togolais décidés à conclure la lutte entamée le 05 octobre 1990

 

Après l’ultime avertissement le 04 octobre, des centaines de milliers de Togolais ont participé hier à la grande marche de colère organisée par la coalition de l’opposition. La plupart des manifestants, de rouge vêtus, signe de la colère, ont encore envahi les rues des différents points de rassemblement aux lieux des meetings. A Lomé, des heurts ont été signalés à certains carrefours. En effet pour manifester leur colère, des jeunes ont érigé des barricades sur des artères dans plusieurs quartiers, paralysant la circulation.  Les manifestations ont également eu lieu dans les villes de l’intérieur du pays.

Comme mercredi, la manifestation d’hier a chuté à la plage en face de l’Hôtel Sancta Maria à Lomé où les populations ont été entretenues sur l’actualité sociopolitique. Pour le Jean-Pierre Fabre, chef de file de l’opposition, les réactions extérieures ne doivent pas conditionner la lutte que mène le peuple togolais. Il se prononçait sur le communiqué conjoint de la CEDEAO, de l’UA et du et du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS). « Peu importe ce que les gens déclarent à l’extérieur du pays, le Togo appartient aux Togolais et c’est à nous de décider. N’ayez jamais peur parce que nous sommes des millions à réclamer le retour à la Constitution originelle de 1992 avec toutes les conséquences qui en découleront », a-t-il déclaré pour galvaniser la foulle

Jean-Pierre Fabre a rappelé que depuis des décennies, les émissaires de la CEDEAO ont joué des rôles troubles dans la crise togolaise. « La Communauté internationale n’a jamais fait la lutte à la place des peuples. Les Allemands de l’Est ont lutté pour leur libération du joug soviétique. Ils l’ont fait seuls, sans l’aide des Nations Unies. Il en a été ainsi pour de nombreuses nations. Nous Togolais, nous devons le savoir et y réfléchir sérieusement. Mais avec la mobilisation que nous avons aujourd’hui et depuis quelques semaines, je pense que nous l’avons compris. Le peuple sait que c’est sa lutte et non celle des Nations Unies ou de la Communauté internationale », a-t-il martelé.

05 octobre 1990-05 octobre 2017. Pour les responsables de l’opposition, c’est une date qui doit susciter de la colère parce que les acquis de la lutte n’ont pas été préservés. « Si nous parlons de la marche de colère, c’est parce que nous nous rappelons ce qui s’est passé le 05 octobre 1990. Nous devons nous demander pourquoi on a perdu ce qui a été gagné lors de ces événements et nous continuons la lutte aujourd’hui. Notre position, c’est l’ouverture et la fermeté parce qu’on ne peut pas refuser de discuter. Mais on le fera avec fermeté pour obtenir ce que nous voulons », a assuré Jean-Pierre Fabre.

Une déclaration pour commémorer le soulèvement populaire du 05 octobre 1990 a été lue par le Secrétaire général adjoint de la CDPA, Pascal Adoko. L’opposition y présente les conditions dans lesquelles a eu lieu le soulèvement, les acquis qui en ont découlé et les raisons qui expliquent le relèvement du régime Gnassingbé malgré son vacillement. « L’oppression se nourrit du silence et de l’inaction. Le temps est venu de mettre fin à cette monarchie rampante qui tente de s’installer au Togo. La coalition des forces démocratiques demande expressément à ceux qui confisquent le pouvoir d’Etat de se ressaisir, d’écouter le peuple et de faire procéder immédiatement au retour à la Constitution de 1992 dans sa version originelle », lit-on dans la déclaration.

La coalition des forces démocratiques a également rappelé que le Togo ne saurait être la propriété d’une famille. « Nous avons reçu le Togo en héritage et cet héritage ne peut être géré comme un patrimoine familial. C’est pourquoi nous disons que le retour à la Constitution de 1992 doit nécessairement déboucher sur la mise en place des structures législatives et exécutives inclusives de transition chargées de mettre en œuvre les autres points de la plate-forme revendicative, notamment la révision du cadre électoral y compris la concrétisation du vote des Togolais de l’étranger, le déverrouillage des institutions de la République et l’organisation d’élections locales, législatives et présidentielles totalement libres, transparentes et démocratiques », ont indiqué les forces démocratiques. Elles ont appelé les populations à rester à l’écoute pour les prochaines manifestations.

A la fin de la manifestation et alors que les gens se sont dispersés, des courses-poursuites ont eu lieu entre des jeunes et les forces de l’ordre. Certains manifestants auraient été bastonnés par les forces de répression sur le chemin du retour. Leur faute, être habillés à l’effigie des partis politiques de l’opposition, surtout du PNP de Tikpi Atchadam.

Comme le 04 octobre, les manifestations ont également drainé du monde dans les villes de l’intérieur du pays pour réclamer le départ de Faure Gnassingbé.

Géraud Afangnowou

 

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