Les Ghanéens inquiets de la crise au Togo

 

Togbe Afede du Ghana : « La perpétuation du règne d’une même famille est rétrograde »

Jerry John Rawlings appelle au respect du droit de manifestation pacifique

La crise sociopolitique que traverse le Togo ne laisse visiblement plus personne indifférent. Le président de la chambre nationale des chefs du Ghana, Togbe Afede s’est prononcé sur les récents événements qu’a connus le Togo. Le garant des us et coutumes estime que les Togolais méritent une meilleure situation. Il dénonce le règne dynastique et appelle la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à œuvrer pour que le changement arrive et que l’alternance au pouvoir soit une réalité au Togo. C’était au micro du confrère ghanéen TV3. L’ex-président Jerry John Rawlings s’est également inquiété de la situation.

Le président de la chambre nationale des chefs du Ghana, Togbe Afede a accordé une interview à la télévision ghanéenne TV3. Pour lui, les Togolais méritent beaucoup mieux que ce qu’ils vivent aujourd’hui. « Les Togolais doivent apprendre des tendances qui prévalent à travers le monde et l’Afrique en particulier. Il me semble que le Togo est resté le seul pays non démocratique de l’Afrique de l’Ouest. Le seul pays qui actuellement, à ma connaissance, en Afrique de l’Ouest n’a pas de limite pour le mandat présidentiel », a-t-il déploré en rappelant qu’en réalité, « c’est antidémocratique et ce n’est pas acceptable dans le monde d’aujourd’hui parce qu’au regard de la situation que nous vivons à travers le monde, la perpétuation du règne d’une même famille, la dynastie est rétrograde. Et je pense qu’il est temps que nos frères du Togo apprennent à partir des tendances qui gouvernent le monde ».

Pour le chef traditionnel, le Ghana et toute l’Afrique de l’Ouest sont touchés par la crise au Togo. « Ce qui se passe dans leur pays, pour les étrangers, c’est en Afrique, car beaucoup ignorent que l’Afrique n’est pas un pays. Et je suis particulièrement préoccupé. Tout d’abord en raison des souffrances que nos frères du Togo vivent. Deuxièmement, en raison de l’impact potentiel sur notre pays en termes de réfugiés et, en troisième lieu, à cause de l’impression donnée à l’étranger que l’Afrique est encore dangereuse, l’Afrique n’est toujours pas stable et la démocratie ne s’est pas encore enracinée en Afrique alors que le contraire est vrai dans le Ghana démocratique », a-t-il indiqué.

S’il s’est dit inquiet de la situation, Togbe Afede a un rêve pour le Togo, celui de le voir intégrer le cercle des pays démocratiques. « Je souhaite que les Togolais jouissent bientôt d’une transition pacifique d’un gouvernement à l’autre. Ce qui doit devenir une caractéristique permanente de la démocratie. Que nous puissions maintenant nous vanter que toute l’Afrique de l’Ouest est pacifique, qu’il y a de la sécurité pour les investisseurs afin que nous, en tant que leaders, puissions travailler ensemble pour poursuivre les meilleurs intérêts de nos populations qui ont toujours voulu le développement. Le développement qui apporte des emplois, des revenus, un niveau de vie élevé et bien sûr le bonheur qui, parmi tous, est l’ultime », a-t-il souhaité.

Le président de la Chambre nationale des chefs a également appelé la Cédéao à jouer sa partition pour l’avènement de la démocratie. « J’espère donc que les dirigeants de l’Afrique de l’Ouest travailleront avec assiduité pour que ce changement arrive au Togo. Ainsi, le Togo prendra part au changement démocratique, ce vent qui souffle sur toute l’Afrique de l’Ouest et même toute l’Afrique », a-t-il appelé.

Outre Togbe Afede, l’ex-président ghanéen Jerry John Rawlings s’est aussi prononcé. L’ancien homme fort du Ghana a appelé au respect des manifestations pacifiques au Togo. Pour lui, « les manifestants auraient déjà pu adopter un comportement violent, mais ils se sont gardés de le faire. Dans cette situation, les troupes gouvernementales doivent également adopter des mesures pour s’assurer que la situation ne dégénère. Il doit y avoir un effort concis pour montrer à quel point les habitants du Togo ont répondu et manifesté pacifiquement pour leur droit politique. Nous devons respecter leur manifestation visant à faire entendre leur cause surtout parce qu’il se caractérise par la non-violence ».

Par rapport aux inquiétudes d’une potentielle guerre civile, Jerry John Rawlings estime que les populations civiles non armées seraient les plus touchées. « Les menaces récentes de la guerre civile ne sont pas surprenantes. Cependant, la posture intimidante de ces commentaires montre clairement la pertinence de la nécessité d’éviter une escalade au-delà de ce point. La guerre civile ne peut jamais profiter ni aux populations ni au gouvernement », a-t-il averti.

Il a, par ailleurs, rappelé que la situation au Togo soulève une grande inquiétude avec un nombre de blessés et de morts en constante augmentation.

Géraud A.

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