L’Assemblée nationale togolaise comme elle va

 

A l’Assemblée nationale togolaise, le président décide au gré de ses humeurs. Mais le plus souvent, ses décisions ne sont pas de nature à conférer une quelconque respectabilité à l’institution qu’il représente. Comme le fait de ne pas pourvoir le poste de 1er Vice-président, ou de maintenir les députés en vacances depuis le 4 avril, date de l’ouverture de ce qui devrait être la « session des lois ». A quand de vrais débats houleux à l’Assemblée?

De par le monde, l’internet demeure l’outil le plus fiable pour toute personne qui veut en savoir davantage sur la composition du bureau de l’Assemblée nationale du Togo. Et jusqu’à preuve du contraire, c’est à travers www.assemblee-nationale.tg. Mais lorsqu’on s’y rend, on découvre qu’à la place du 1er Vice-président de cette institution, c’est un certain Komi Selom Klassou qui y trône. Oui, vous avez deviné, c’est la même personne qui est l’actuel Premier ministre dont l’identité remarquable reste la lecture des discours et l’inauguration des chrysanthèmes. Ça, c’est dans le monde virtuel, parce que la réalité est plus triste.

En effet, depuis que l’ancien 1er Vice-président a été nommé à la primature, c’est « l’honorable député suppléant » Komi Gagnon qui siège à sa place au parlement. Normal. Et on s’attendait à ce qu’il y ait une modification dans la composition du bureau. Malheureusement, depuis la mise en place des 91 députés dont le mandat s’achève en juillet 2018, aucun autre député n’a été désigné à sa place par consensus. Et si échec d’un consensus il y a eu, c’est évidemment à cause du radicalisme du parti majoritaire : « Ce sera un député d’Unir ou personne ».

Dans un autre registre, le président Dama Dramani fait du dilatoire et risque de faire monter la tension à la prochaine session plénière. Nous l’avons relevé la semaine dernière, la session actuelle qui court, devrait être consacrée à l’étude ainsi qu’au vote des lois, et devrait durer trois mois. En considérant que la rentrée parlementaire du 4 avril passé constituait le top départ de cette session, il ne devrait plus rester qu’un mois et trois semaines pour voir les députés repartir en vacances. Or, nombreux sont les projets et propositions de lois qui attendent les députés. Connaissant les desseins de Dramani de toujours mettre en mauvaise posture –sur instructions personnelles de qui on sait- les députés de l’opposition, initiateurs d’une proposition de loi sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles, on comprend pourquoi il ne se presse guère pour convoquer les élus pour des débats.

S’agissant de la vacance du poste de 1er Vice-président, on veut croire que Komi Klassou, une fois de retour à l’hémicycle, ne cherchera pas à se le faire réattribuer. Auquel cas, le terme de « députés moutons » pour railler les élus, serait bien mérité.

Les députés qui tiennent à voir les réformes prescrites par l’Accord politique global (APG) se traduire dans la réalité, après passage en plénière, doivent s’attendre à des échanges acerbes, parfois discourtois. Parce qu’en face, on tient à faire perdurer le statu quo au sommet de l’Etat : un mandat « no limit ».

Vivement la plénière que la plénière s’ouvre prochainement, malgré les acrobaties d’un président entièrement acquis à la cause d’un homme et non d’un peuple.

Abbé Faria

 

 

 

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