La mobilisation ne faiblit pas: Les Togolais debout pour mettre fin au régime de dictature

 

Des marées humaines dans les rues. Pareille scène a surpris plus d’un. Et pour cause, les manifestations des 18 et 19 octobre 2017 ont été émaillées de violences avec la participation des milices RPT/UNIR. Des milliers de Togolais ont encore répondu hier à l’appel de l’opposition pour manifester pour le retour à la Constitution de 1992, le vote de la diaspora et le déverrouillage des institutions de la Républiques. L’opposition se dit toujours ouverte au dialogue.

Les violences exercées sur les populations lors des manifestations des 18 et 19 octobre 2017 à Lomé et dans les autres localités du pays n’ont pas entamé le moral et la détermination des Togolais. Ce 07 novembre 2017, des marées humaines ont été encore observées au Togo à l’appel des partis politiques de l’opposition. « Ils ont décidé de se servir de la violence pour nous intimider, mais nous sommes déterminés et ce ne sont pas les balles et les grenades lacrymogènes qui vont nous faire reculer », a assuré une manifestante.

Comme lors des précédentes manifestations, les revendications exprimées par les populations sont restées les mêmes. Il s’agit du départ du pouvoir de Faure Gnassingbé, du retour à la Constitution du 14 octobre 1992 dans sa version originelle, de la révision du cadre électoral avec l’inclusion du vote des Togolais de la diaspora et le déverrouillage des institutions de la République. Des revendications réitérées par les responsables politiques et les manifestants dont les messages sur les pancartes dénoncent le long règne des Gnassingbé et exigent la fin des violentes répressions.

Au point de chute, le meeting n’a enregistré qu’une seule intervention, celle du chef de file de l’opposition et président national de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean-Pierre Fabre. Ce dernier a insisté sur le fait que la détermination des peuples vainc toujours les violations des dictatures. « Si nous continuons de manifester les jours ouvrables, c’est parce que vous avez fait preuve de résistance. Vous les avez emmenés à reculer d’un pas, mais nous voulons qu’ils reculent totalement », a-t-il indiqué.

Jean-Pierre Fabre s’est prononcé par rapport aux « mesures d’apaisement » chantées par le gouvernement. Pour lui, toutes les personnes arrêtées lors des manifestations de l’opposition doivent être libérées. Il en est de même pour les détenus dans l’affaire des incendies des marchés de Lomé et de Kara qui bouclent en janvier prochain 5 années de détention arbitraire. « Notre mise sous contrôle judiciaire et notre inculpation sont des abus. Cette mise sous contrôle judiciaire devrait prendre fin avec la clôture de l’instruction. Nous vivons une situation arbitraire et si le régime n’organise pas notre procès, c’est parce qu’ils savent que nous ne sommes pas les auteurs des incendies. Nous baignons dans l’arbitraire », a-t-il dénoncé.

Evoquant le dialogue annoncé par le RPT/UNIR, Jean-Pierre Fabre a rappelé que l’opposition reste ouverte au dialogue. « Nous sommes ouverts au dialogue, mais nous n’allons pas discuter en oubliant ce pourquoi nous sommes dans la rue depuis des mois. Notre mobilisation montre que nous ne voulons plus de ce régime », a-t-il martelé.

La présidente de la coalition de l’opposition, Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson a pour sa part salué avec émotion, la détermination des populations. « Malgré tout ce que vous avez subi, malgré les violences, vous êtes là, toujours debout », s’est-elle réjouie.

Pour cette première journée de manifestation, certaines localités ont été assiégées par les Forces armées togolaises (FAT). Sokodé, Bafilo, Aného et Kpalimé font partie de ces localités où tout attroupement est systématiquement dispersé par l’armée. « Ils parlent de mesures d’apaisement, mais s’ils prônaient vraiment cet apaisement, ils devraient laisser les populations manifester. Nous avons interpellé le ministre de la Sécurité et de la Protection civile pour dénoncer ces violations », a déclaré Jean-Pierre Fabre.

Ce matin et demain, les manifestations se poursuivent à Lomé et dans les autres villes du pays.

Géraud Afangnowou

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