Ghana/ Nana Akufo-Addo, un président proactif

 

Un projet de chemin de fer Accra-Ouagadougou discuté au Burkina Faso

  • Qu’est devenu le « Fleuve de l’espérance » de Faure Gnassingbé ?

Lorsque les déplacements d’un chef d’Etat se soldent par du concret, quoi de plus normal que de les encourager. Dans son périple dans  la région ouest africaine, le président ghanéen veut faire du projet de chemin de fer Accra-Ouaga une réalité. Sitôt installé et déjà au travail.

Toute fonction a des exigences, surtout celle présidentielle. Et l’un des meilleurs moyens pour un peuple de juger son président sur ses périples est de voir du concret.

Avant Patrice Talon, les Béninois ne pouvaient pas par exemple se rendre en Afrique du Sud pour un cour séjour sans visa. Or, nombreux sont les commerçants béninois qui font des affaires avec l’Afrique du Sud. Lors de son déplacement, Talon a réussi à décrocher l’exemption de visa pour ses concitoyens qui désirent effectuer des voyages en Afrique du Sud pour une durée n’excédant pas 30 jours. Et pourtant, l’homme avait moins d’un an de durée de vie au pouvoir.

Le président ghanéen, Nana Akufo-Addo était au Togo, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso la semaine dernière. Mais de tout son voyage, le fait marquant reste sans doute son ambition affirmée de faire du chemin de fer entre les deux capitales une réalité. Voici ce qu’en dit l’agence Ecofin : « Dans le cadre d’une tournée qui le conduira dans 9 pays d’Afrique de l’ouest, le Président ghanéen Nana Akufo-Addo s’est rendu le jeudi 4 mai 2017 au Burkina Faso, à la tête d’une forte délégation composée de membres de son gouvernement et de hautes personnalités de son pays. Cette visite qui avait pour but de renforcer la coopération existant déjà entre les deux pays, a permis de passer en revue d’importants projets intégrateurs. Au nombre desquels figurent en bonne place l’interconnexion électrique, la gestion des ressources en eau de la Volta, et le chemin de fer Accra-Ouagadougou ».

Pour rappel, un grand projet d’interconnexion ferroviaire devant relier  Abidjan, Ouaga, Niamey et Cotonou est toujours dans les bacs des différents pays concernés. Sans Accra. Mais si le rêve ébauché entre les deux devenait réalité, ce serait un réel coup de pouce au commerce et surtout au transport de marchandises. « A travers la tenue régulière des sessions de nos commissions mixtes de coopération, la réalisation de projets intégrateurs tels que l’interconnexion électrique entre Bolgatanga et Ouagadougou, la gestion intégrée des ressources en eau de la Volta », le Président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a estimé que le partenariat existait déjà.

Au Ghana, tout est en route pour remettre sur les rails les trains. On n’en veut pour preuve que les dispositions prises dans ce sens par l’administration de Nana Akufo-Addo. «C’est pour cela que nous avons mis en place un ministère entier qui s’occupera du chemin de fer et ce serait une frustration pour moi si nous n’arrivons pas à faire de ce chemin de fer une réalité ». Voilà qui est dit.

Dans un monde de plus en plus interconnecté et où les investissements veulent revêtir un caractère pérenne, ce projet soulagera certainement les infrastructures routières existantes entre Accra et Ouaga.

Parallèlement à cette volonté du Ghana d’aller de l’avant, le Togo se contente toujours des 35 km auxquels la boucle ferroviaire fait référence. Et pourtant, des milliers de tonnes de marchandises transitent entre Lomé et Ouaga. Mais toujours par voie routière. Ce qui va impacter négativement les infrastructures coûteuses qui risquent de voir leur durée de vie réduite. Manque de volonté politique ? Absence de vision pour le pays ? Souci premier de se ménager un règne à vie sans penser au bien-être des populations ?

Chose remarquable, et le président burkinabé, et celui ghanéen n’étaient pas aux affaires lorsque le projet de boucle ferroviaire était lancé. Par contre Faure Gnassingbé, oui. Mais ce sont les deux premiers qui veulent initier une autre branche de cette boucle qui profitera à n’en pas douter aux deux peuples.

Togo Invest Corporation, du nom de cette holding, a été créé en 2013 par Faure Gnassingbé, justement pour mettre en place un chemin de fer entre Lomé et le Burkina Faso. « Fleuve d’espérance » était le terme pompeux attribué au projet d’autoroute et de chemin de fer. Où en est-on ? La gouvernance par les annonces, les peuples n’en veulent plus. La gouvernance par les actes concrets par contre, oui. Mais ce n’est pas encore la norme au Togo. Chapeau à Nana Akufo-Addo du Ghana et Christian Kaboré du Burkina Faso.

Abbé Faria      

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