Crise politique / Répression, zèle… des tenants du pouvoir; Assumer la responsabilité de ses actes/crimes et en répondre le moment venu

 

Les exemples d’Assimi Kouanda, du PM et ses ministres au Burkina

 

On les connait très zélés autour de Faure Gnassingbé. Depuis le début de la crise politique et dans les tentatives du pouvoir pour se sauver de situation, ils s’illustrent. Les uns assurant la répression sanglante des manifestations, les autres se prêtant à certains jeux malsains et se signalant dans des propos et actes à la limite de la provocation à l’endroit du peuple qui réclame légitimement l’alternance. Mais tous ces collabos devront assumer la responsabilité de leurs actes et en répondre un jour. Et parfois, ça arrive très vite, et peut être juste demain. Les cas des anciens pontes du régime Blaise Compaoré au Burkina Faso doivent les instruire.

Les zélés devront assumer leurs actes et crimes

Depuis le début de la crise politique, ce sont la force brute et la mort qui sont réservées aux populations qui manifestent. L’illustration en date, c’est l’arrestation arbitraire de l’imam Al Hassan Mollah à Sokodé dans la nuit du lundi 16 octobre ayant mis le feu aux poudres et les exactions qui ont suivi de la part des militaires sur les populations. La répression, la barbarie, la violence à l’état brut qui auront coûté la vie à neuf (09) citoyens en l’espace de deux mois, sont assurées par certains collaborateurs du Prince. D’autres s’illustrent par des propos faisant presque l’apologie de la violence. Mais ces zélés semblent oublier que demain, ils peuvent être rattrapés par leurs crimes, actes, propos et appelés à en répondre.

Yark Damehame. C’est « monsieur répression en chef » du pouvoir. Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile assure tant bien que mal le rôle et le travail bien fait (sic) a déjà entrainé la mort de neuf (09) Togolais au moins dont des enfants. Des dizaines de concitoyens sont blessés par des tirs à balles réelles de la soldatesque, des centaines d’autres pourchassés et obligés de se réfugier dans les pays voisins. En lieu et place des forces de l’ordre et de sécurité conventionnelles, ce sont des militaires qui sont déployés pour assurer cette tâche, et ils le font grave. Le bilan aurait même pu être plus lourd. Il nous revient que les ordres viennent de partout, parfois à l’insu du ministre, des miliciens sont utilisés. Il lui serait même reproché de n’être pas sans pitié dans la répression. Qu’à cela ne tienne, c’est lui qui incarne la répression des manifestations pacifiques. Les populations aux mains nues se voient tirer dessus à balles réelles par des militaires qui ne sont pas indiqués pour le maintien d’ordre, les domiciles violés…Yark Damehame qui est l’ordonnateur de la répression est déjà assigné devant la Cour pénale internationale (CPI). Pour l’instant il n’est nullement inquiété. Mais demain lorsque, par un heureux hasard le pouvoir va changer de main au Togo, c’est peut-être menotté qu’il sera conduit au tribunal, jugé et condamné.

Essoyaba Boukpessi. C’est l’autre ministre qui s’illustre dans la répression et la violation effrontée des règles qui régissent les libertés publiques. Comme dans la jungle, il a décrété l’interdiction des manifestations en semaine, en violation flagrante de la loi du 16 mai 2011 sur les manifestations publiques pacifiques. Sans doute que les manifestants de ces mercredi et jeudi seront encore réprimés, au nom de cette décision inique. Et au-delà des blessés, peut-être qu’on comptera encore des morts…Aujourd’hui il est tout-puissant, comme les autres zélés ; mais demain, il n’est sûr de rien…

Christophe Tchao, Christian Trimua…Ils sont loin de la machine de répression, mais certains propos tenus sont presque de l’apologie de la violence. Le premier, président du groupe parlementaire RPT/UNIR s’est permis de déclarer sur les ondes : « Si ce Togo-là brûle, nous brûlerons tous (…)». Le second, lui, dans une prestation pour défendre le pouvoir, a lâché à son interlocutrice sur une chaine panafricaine : « (…) prenez les armes pour accéder au pouvoir ». Ce sont des appels ou des déclarations qui font de façon ostentatoire l’apologie de la violence. Contrairement à l’imam de Sokodé, la justice n’a pas cru devoir les interpeler, eux, afin qu’ils répondent de leurs propos. Mais le second nom de Dieu, c’est le temps, dit-on ; et demain lorsque le pouvoir va changer de main, ils seront confrontés à leurs propos.

Les députés, les membres du gouvernement, les nouveaux élus de la CENI…La situation est très tendue et le bon sens voudrait que chacun participe à l’apaisement. Mais pendant que le pouvoir crie à la paix, avec son lot de manifestations improvisées pour implorer cet idéal, ses élus posent des actes de provocation ou même de trahison à l’endroit du peuple. Alors que les populations demandent le retour pur et simple de la Constitution de 1992, ils n’ont pas hésité à voter le projet de loi scélérat du gouvernement portant révision constitutionnelle qui ouvre les portes d’un règne à vie à Faure Gnassingbé. Au niveau du gouvernement, on se met dans la dynamique de l’organisation d’un référendum à l’issue connue d’avance. Les députés RPT/UNIR sont revenus paver la voie à ce processus dangereux en élisant la semaine passée les membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) appelée à conduire le processus référendaire. Sous d’autres cieux, ces députés et membres du gouvernement seraient accusés d’acte de haute trahison, et les nouveaux membres de la CENI de complicité.  Mais comme la justice est une aile marchante du pouvoir, ils ne sont nullement inquiétés et sont même applaudis.

Tout ce beau monde et ceux tapis dans l’ombre qui agissent aujourd’hui seront appelés un jour à répondre de leurs crimes, actes, propos de provocation, etc. C’est sans doute ce que Cina Lawson, la ministre des Postes et de l’Economie numérique a compris, raison pour laquelle elle a voulu se dédouaner de la coupure de l’Internet mobile opérée par le régime durant les marches de l’opposition. Il nous est même revenu qu’une des sociétés qui a vu des agents des corps habillés descendre dans ses locaux et couper les fils, envisage de porter plainte contre l’Etat togolais. Et depuis, la connexion n’a plus été coupée.

Tirer leçon du sort des pontes du régime de Blaise Compaoré

Eh oui, ils étaient tout-puissants, très zélés, les ex-collaborateurs de Blaise Compaoré. « L’essentiel, en 2015, notre président (Blaise Compaoré) est candidat ; en 2020, il est candidat ; le reste, nous laissons entre les mains de Dieu », « L’article 37 doit être modifié pour que Blaise Compaoré soit candidat en 2015 », voilà certains propos provocateurs d’Assimi Kouanda, le Secrétaire exécutif national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ex-parti au pouvoir. Le pic était son appel à la violence lancé aux militants le 25 octobre 2014, soit à six (06) jours de la chute de leur chef: «Vous avez également constaté des activités hors-la-loi qui se préparent. Il nous revient de nous organiser pour défendre nos idées, nos personnes, nos biens et les biens de l’Etat. Préparons-nous parce qu’il y a des gens qui croient que l’alternance est une sécrétion mécanique. S’ils vont brûler une maison, il faut qu’au retour, ils trouvent que leur maison aussi brûle. Comme ça, on va s’entendre. Est-ce clair ? Nous ne provoquerons pas, mais si nous sommes provoqués, nous allons réagir. Allez organiser des brigades afin que notre réaction soit immédiate. Les troubleurs seront troublés». Le Premier ministre de l’époque, Luc Adolphe Tiao, avait signé la réquisition de l’armée et donné l’ordre de mater la révolte. Mais tout ce beau monde est rattrapé par ses actes, les avoirs de certains gelés. Assimi Kouanda a été arrêté lorsque le pouvoir a changé de main. De même que l’ancien Premier ministre et certains de ses ministres. Il est reproché à Luc Adolphe Tiao et aux membres du gouvernement d’avoir décidé, au cours du Conseil extraordinaire des ministres du 29 octobre 2014, de prendre une réquisition complémentaire spéciale faisant appel à l’armée pour maintenir l’ordre avec usage d’armes à feu et ils sont poursuivis pour « complicité d’homicide volontaire » et « coups et blessures volontaires », en raison de leur participation à cette rencontre gouvernementale. Leur procès qui a débuté depuis avril 2017 a été suspendu pour quelques insuffisances dans les textes de la Haute Cour de justice qui les juge, mais devrait reprendre bientôt…

 

Tino Kossi

 

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