Crise politique et grogne sociale: Un cocktail manifestations politiques – grèves tous azimuts cette semaine

 

La semaine passée a été assez calme sur le plan politique et  Faure Gnassingbé a profité de ce répit pour organiser un mini-marathon à travers la sous-région ouest-africaine, à la recherche de sauveur. Mais celle débutée depuis hier ne devrait pas lui ressembler, alors pas du tout. Non seulement les manifestations populaires de réclamation de la Constitution de 1992, du vote de la diaspora et autres vont reprendre, mais en plus le front social sera marqué par des débrayages tous azimuts. La coupe sera visiblement pleine pour Faure Gnassingbé.

Le front politique reprend service

Il n’y a pas eu de manifestations de contestation du pouvoir de Faure Gnassingbé la semaine passée. C’était la pause générale pour la coalition de l’opposition et les populations ; et de facto un répit pour le Prince qui brille par son insensibilité aux revendications du peuple et fonce plutôt dans la voie référendaire pour se tracer les sillons d’un règne à vie. Mais la température devrait remonter cette semaine, notamment à partir de demain, à la faveur de la reprise des manifestations populaires à l’appel de la coalition CAP 2015 – Groupe des 6 – PNP – CAR – Santé du Peuple.

En effet ce mercredi 18 octobre, aura lieu la première journée des manifestations de deux jours auxquelles a appelé la coalition de l’opposition depuis le mercredi dernier. A Lomé, la marche aura pour point de chute le Palais des Congrès. Les revendications restent les mêmes : retour à la Constitution de 1992 que Dodzi Kokoroko et les intellos choisis du Prince ont cru devoir dézinguer, vote de la diaspora, réformes électorales…ou Faure Gnassingbé dégage du pouvoir. Le lendemain jeudi, c’est devant les bureaux de la représentation diplomatique de la CEDEAO que le cortège chutera. Pour cette marche particulièrement, il s’agira  de crier haro sur l’institution communautaire patronnée par Faure Gnassingbé et son beau-frère Marcel de Souza qui pousse le peuple togolais à aller au référendum sans enjeu et verrouillé d’avance où, que l’on vote OUI ou NON, on aura adoubé le règne sans fin du Prince.

Il faudra forcément composer avec la traditionnelle coulée d’adrénaline qui accompagne ces manifestations populaires sur toute l’étendue du territoire national. Et celles-ci interviennent dans un contexte particulier, celui de l’après-interdiction inique des manifestations publiques de rue en semaine décidée unilatéralement par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, en violation de la Constitution et de la Loi du 16 mai 2011. Une mesure de Payadowa Boukpessi que l’opposition n’a pas manqué de fustiger. Comme la force est le seul langage du pouvoir devant les manifestations des populations aux mains nues, il est fort probable que les policiers, gendarmes, militaires et miliciens soient encore déversés dans les rues pour réprimer et semer du grabuge. On le rapportait dans la parution d’hier, des groupes de miliciens ont été activés lors d’une réunion le week-end dans une école au quartier Adéwui, pour attaquer les manifestants de l’opposition lors des mouvements de demain et jeudi. Et cette sale besogne, contre 80 000 FCFA donné à chacun des miliciens. Quelle sera la réaction des populations lorsqu’elles seront attaquées ? Nul ne le sait…

Grèves et tensions sur le front social

La tension montait déjà sur le front social depuis un moment et les travailleurs de certains secteurs se sont déjà fait entendre. C’était notamment le cas des agents du ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme administrative, qui ont déjà observé une grève de deux jours. D’autres secteurs ressuscitaient leurs revendications et menaçaient de débrayer. Cette semaine du 16 au 20 octobre (jours ouvrés) devrait voir beaucoup joindre l’acte à la parole.

Les enseignants vont observer un mot de d’ordre de grève de 48 heures les 18 et 19 octobre, mercredi et jeudi donc. C’est la décision que la base a prise, au cours de l’Assemblée Générale tenue samedi. Il s’agira pour les enseignants d’exprimer leur colère face à l’incurie du gouvernement qui n’a pas honoré sa parole, à savoir faire adopter avant la rentrée 2017-2018 le statut particulier des enseignants, comme promis depuis l’année passée pour désamorcer la fronde. Ce sera la seconde grève cette année, après celle des deux premiers jours de la rentrée qui n’était qu’un avant-goût. Si pour ce débrayage de la rentrée ils n’ont pas été rigides sur le boycott des cours, cette fois-ci, la mesure devrait être observée à la lettre. Avec la tension sur le plan politique, une multiplication des grèves pourrait pousser les élèves à rejoindre le front dans la rue, au grand malheur de Faure Gnassingbé. C’est ce que le pouvoir voudrait éviter, en décrétant l’interdiction de manifestations publiques en semaine…

Toujours dans le secteur de l’éducation, les Enseignants volontaires nationaux (VNE), suite au préavis daté du 10 octobre dernier adressé au ministre des Enseignements primaire, secondaire et au Directeur de l’Agence nationale du volontariat au Togo (ANVT), observent un sit-in les 17 et 18 octobre, aujourd’hui et demain donc au ministère des Enseignements primaire, secondaire à Lomé, dans les préfectures et les Directions régionales de l’enseignement, afin, disent-ils, de « soumettre de vives voix [leurs]doléances aux autorités compétentes ».

Dans le secteur bancaire, ce sont employés de l’Union togolaise de banque (UTB) qui se font entendre. Le personnel observe trois jours successifs de grève à partir de demain, pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail. Les agents exigent notamment la reprise des avancements, le paiement des arriérés des avancements bloqués depuis 1990, la revalorisation des salaires, la nomination d’un Directeur des ressources humaines…

Les agents du ministère de la Fonction publique-encore eux !-observent un sit-in ce matin au cabinet dudit ministère, entre 8 heures 30 et 11 heures 30, pour exiger des primes et une amélioration du cadre de travail.

La Synergie des travailleurs du Togo (STT) qui a fait sa rentrée sociale récemment est en séance d’échauffement. Une nouvelle plateforme générale rassemblant les doléances de tous les secteurs est en cours d’élaboration et devrait être soumise sous peu au gouvernement. Selon les indiscrétions, un préavis de débrayage sera aussi déposé.

Le secteur de la Santé n’est pas content. A côté de ses sempiternels problèmes, il nous revient que le personnel du CHR Lomé Commune et les praticiens hospitaliers en général exigent la libération de Dr Kossi Sama, cadre du Commune et par ailleurs Secrétaire Général du Parti national panafricain (PNP) arrêté le 20 août dernier au cours des manifestations organisées par cette formation politique…

La température monte de partout, et ce n’est pas bon pour Faure Gnassingbé.

 

Tino Kossi

 

 

 

 

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