CHR-Kara: Quand les déchets médicaux menacent la santé du voisinage

 

Le traitement des déchets médicaux faisant défaut au Centre hospitalier régional (CHR)-Kara, un dépotoir a été improvisé. Aiguilles, seringues et autres matériels usités se retrouvent ainsi à l’air libre et à la portée des enfants. Des démarches auraient été menées envers les responsables du centre, en vain. Pour leur part, les riverains craignent la recrudescence des maladies diarrhéiques et autres affections contagieuses à cause de la saison pluvieuse.

Décharge intermédiaire de Kara. C’est le nom que donnent, depuis quelques mois, les habitants de Tomdè à leur quartier. Et pour cause, la gestion des ordures et déchets médicaux du Centre hospitalier régional (CHR)-Kara est devenue un problème de santé publique. Pour constater l’insalubrité dont il est question, il faut juste faire le détour de ce centre hospitalier et se retrouver sur l’espace qui le borde. « On ne comprend plus ce qui ce passe au CHR-Kara. Depuis plusieurs mois, les ordures et autres déchets qui en sortent sont directement jetés sur le terrain situé à côté de l’hôpital. Les ordures sont jetées à l’air libre », décrivent plusieurs sources.

Malheureusement, ce dépotoir improvisé qui dessert le CHR-Kara n’est pas sans conséquences pour le voisinage. En effet, à côté du dépotoir se trouve l’école primaire islamique du quartier. Et qui dit école, dit affluence d’enfants, mais aussi présence des vendeuses de denrées alimentaires. Ce sont aussi ces femmes qui mettent les nourritures à disposition de ceux qui viennent se faire soigner dans cet hôpital. « La totalité des malades et leurs accompagnateurs, et les habitants du quartier achètent leurs nourritures chez les bonnes dames qui vendent non loin du dépotoir. Quand il pleut, l’eau de ruissellement charrie les déchets jusqu’aux habitations et lorsqu’il y a du vent, c’est la poussière et les plastiques qui finissent dans les habitations et les cuisines. Les chiens et les porcs errent à tout moment sur cette décharge. Ce qui augmente les risques d’une éventuelle contamination des nourritures et une dissémination des germes microbiens », soutient un agent de santé, impuissant devant le phénomène.

Si les riverains affirment que tous les déchets qui sortent du CHR-Kara finissent sur le dépotoir, c’est vraiment tout. Selon les témoignages, les aiguilles des seringues déversées sur cette décharge finissent sur la voie empruntée par les riverains. Face à ce danger que représentent les déchets médicaux, les occupants des maisons environnantes du CHR-Kara se sont plaints auprès du Directeur du centre, mais aucune solution n’a été prise pour faire changer les choses. « Une délégation des riverains a sollicité l’intervention du chef quartier. Ce dernier a fait des démarches et rencontré le Directeur du CHR-Kara pour lui expliquer le problème, mais il continue de faire la sourde oreille. Pire, les bacs à ordures sortent de plus en plus chaque jour et envahissent le terrain », explique une source.

Dans le quartier, on signale déjà de récurrents maux de ventre chez certains riverains qui s’adonneraient à la prise de tisanes à cause d’une « mauvaise réputation que traîne l’hôpital dans le milieu ». Mais le danger, c’est que comme dans la plupart des villes du pays, les pluies sont de retour à Kara. « La saison pluvieuse démarre déjà à Kara et nous craignons des maladies diarrhéiques pour la population de Kara, au pire un virus bizarre qui surgirait et ferait beaucoup de victimes, car tout ce mélange d’ordures peut être à l’origine d’un virus genre Lassa ou parasite Zika », s’inquiète notre source.

Ce problème né de la gestion des ordures et déchets médicaux repose la question de la disponibilité d’incinérateurs dans les centres de santé.

G.A.

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