Blocage des réformes à l’Assemblée: CAP 2015 accuse le RPT/UNIR et appelle le peuple à reprendre sa souveraineté

 

Les responsables du Combat pour l’alternance politique en 2015 (CAP 2015) ont animé samedi un meeting à la place Kodjindji à Bè. L’occasion pour ce regroupement politique de parcourir avec les populations l’essentiel de l’actualité du pays. Les interventions ont globalement tourné autour du brûlant sujet des réformes et le blocage de l’examen de la proposition de loi par les députés de la majorité.

« Nous devons nous déplacer vers l’Assemblée nationale pour arracher les réformes. Le Palais des Congrès appartient à tout le monde. Vous devez montrer que vous connaissez vos droits ». C’est le mot du député Alphonse Kpogo à l’endroit des populations togolaises.  Cet appel à un sursaut national répond, selon lui, à l’impératif de parachever la lutte pour la démocratisation entamée depuis les années 1990. Cette lutte, à en croire le député, a connu une nouvelle relance avec le grand sit-in tenu au carrefour Décon en juin 2012 et qui « a fait trembler le pouvoir en place qui a alors décidé d’incendier le marché de Lomé et de Kara pour embastiller les responsables politiques ». « La prochaine étape » de cette lutte pour la démocratie est une grande manifestation devant le siège de l’Assemblée nationale.

Que s’est-il passé au Parlement pour que la proposition de loi de réformes constitutionnelles, institutionnelles et politiques introduite par les députés ANC et ADDI ne prospère pas ? La réponse à cette question a été apportée par la présidente du groupe parlementaire Alliance nationale pour le changement (ANC), Me Isabelle Améganvi. Elle a expliqué à l’assistance le désordre semé au sein de la Commission des lois par les députés de l’Union pour la République (UNIR) lors de l’étude de cette proposition de loi. Alors que les députés n’avaient pas terminé les débats sur le texte introduit par l’opposition, le président de la commission des lois a levé la séance pour ainsi mettre fin aux travaux. Une attitude contraire à la décision de la Cour constitutionnelle qui a ordonné la reprise de l’examen de la proposition de loi et la transmission du rapport de la commission au bureau de l’Assemblée nationale.

Pour Me Isabelle Améganvi, les événements se suivent et démontrent que c’est l’UNIR et ses membres, Faure Gnassingbé en tête, qui ne veulent pas des réformes. Elle a ainsi rappelé le rejet, le 30 juin 2014, du projet de loi de réformes transmis à l’Assemblée nationale par le gouvernement. Me Isabelle Améganvi a estimé que c’est le parti au pourvoir qui empêche l’adoption des réformes et qu’il ne faut pas chercher loin ceux qui bloquent les travaux à l’Assemblée nationale. « C’est UNIR qui ne veut pas faire les réformes », a-t-elle martelé.

Abordant la démarche des députés RPT/UNIR de faire jouer leur majorité pour bloquer l’examen de la proposition de loi, la 2ème Vice-présidente de l’ANC a profité de la tribune pour expliquer aux populations et rappeler à ses collègues que les lois ne sont pas votées en commission. « On ne vote pas une loi en commission. C’est la plénière qui a le pouvoir de le faire », a-t-elle indiqué.

Pour le chef de file de l’opposition togolaise, l’Accord politique global (APG) est le fruit d’un consensus autour duquel on ne saurait rechercher un autre consensus. Déterminé à aller au bout de la lutte pour la démocratie et l’alternance politique, Jean-Pierre Fabre a rappelé aux Togolais que c’est à eux que revient le dernier mot. « Nous disons que c’est l’esclave lui-même qui doit se lever pour se libérer de ses chaînes. Nous sommes les envoyés du peuple à l’Assemblée nationale. Donc si les choses n’avancent pas, c’est également au peuple de prendre sa responsabilité. Si le RPT/UNIR empêche l’adoption des réformes, il faut que le peuple reprenne sa souveraineté et impose ces réformes », a-t-il appelé.

Pour une fois, le président national de l’ANC a tenu à rompre le silence face à ceux qui s’opposent à lui au lieu de lutter contre le pouvoir. « Quel genre d’opposant es-tu en t’en prenant à Jean-Pierre Fabre ? Si tu es de l’opposition, combat le pouvoir et non Jean-Pierre Fabre, parce que, lui, il combat le pouvoir. Ces responsables politiques essaient de semer la confusion dans l’esprit des Togolais pour entrer dans leur estime. Ils tentent de nous affaiblir depuis des années, mais sans grand succès, et ils n’y parviendront pas », a-t-il insisté.

En vue de faire pression sur le pouvoir, les responsables du CAP 2015 ont appelé les populations à rester à l’écoute pour d’éventuelles manifestations décisives.

Géraud A.

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